Comment Comprendre la Référence au Baptême pour les Morts en 1 Co 15:29 ? Une Réponse de Charles Hodge

Charles Hodge (1797-1878)

Le texte ci-dessous est extrait d’un livre sur le baptême – De la Insigna Cristiana – compilant divers articles écrits par le Dr. Hodge.

Dans le contexte d’où nous avons tiré cette citation, Charles Hodge démontrait que les diverses effusions et aspersions étaient, dans l’Écriture, appelées des « baptêmes ».

« Et ici nous pouvons nous risquer, sans présomption, à donner une interprétation du difficile passage de 1 Corinthiens 15:29 : « Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux? ». À propos de ce passage le Dr. Clarke dit : « C’est certainement le verset le plus difficile du Nouveau Testament ». On a généralement supposé que ceux qui se baptisaient pour les morts étaient chrétiens. Si oui, les problèmes qui se posent sont innombrables : d’où vient cette coutume ? Était-elle une ordonnance divine, ou une superstition ? Dans le premier cas, où se trouve ce commandement ? Dans le second cas, comment l’apôtre ne la condamne-t-il pas ? Dans quel sens les chrétiens ont-ils été baptisés pour les morts ? Faut-il prendre le mot « baptiser » littéralement, ou comme un équivalent de « l’angoisse », de « l’affliction »  ou de « l’inquiétude » ?

Et la préposition « pour » que signifie-t-elle ? « En vue de » ? « À la place de » ? « À cause de » ? Le mot « morts » fait-il référence à ceux qui sont spirituellement morts, ou à ceux qui sont physiquement morts ? Cela veut-il dire tous les morts en général, les chrétiens morts, ou les parents morts ? Ce ne sont là que quelques-unes des difficultés qui assaillent cette hypothèse. Pour les résoudre, il faut tout forcer avec violence pour arriver à une interprétation à peine tolérable ; et finalement, le passage est presque aussi sombre qu’auparavant.

Bien : ne serait-ce pas plutôt que les gens dont on parle étaient juifs, et que la coutume mentionnée est celle d’être baptisé ou purifié après avoir touché un cadavre ? Sur cette base, presque toutes les difficultés qui se trouvent dans ce passage disparaissent. On voit tout de suite dans quel sens il faut prendre l’expression « se faire baptiser pour les morts ». Il se peut que la façon de s’exprimer ait quelque chose d’étrange, mais n’est-il pas bien plus facile d’ajouter ce qui manque à cette hypothèse qu’à toute autre ? Le contraste que nous trouvons dans le verset suivant, entre « ceux qui se font baptisés pour les morts » et « sommes-nous en danger », ne signifie-t-il pas que les premiers n’étaient pas chrétiens ? À qui ces « ceux » peuvent-ils se référer sinon aux juifs, qui avaient déjà une telle habitude ?

En ce qui concerne l’harmonie du passage ainsi expliqué avec l’argumentation de l’apôtre, il faut observer: 1) Quelle que soit l’interprétation donnée, la relation est obscure; et si nous ne pouvons donner une bonne solution, c’est dû à une difficulté commune à tous. 2) Mais nous croyons qu’il y a de la lumière au milieu des ténèbres : l’apôtre est en train de démontrer la doctrine de la résurrection. Les versets 29 et 30 contiennent chacun un argument de la même nature, à savoir : le comportement présent des parties mentionnées implique une existence future et, assurément, une résurrection. L’argument du verset 30, développé ensuite, est simplement celui-ci : s’il n’y a pas de résurrection des morts, pourquoi sommes-nous en danger à chaque instant ? Pourquoi prenons-nous de tels risques ? Pourquoi ne pas dire : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » ? C’est ce que nous ferions si ce monde était notre seul lieu d’existence. Mais nous avons foi en un autre état. Notre résistance le prouve. Et il en est de même avec le verset antérieur: la conduite des Juifs, comme la nôtre, implique qu’ils croient en une vie future, et qu’ils attendent une résurrection. Sinon, pourquoi sont-ils baptisés pour les morts ? En d’autres termes, pourquoi veulent-ils se purifier de l’impureté s’il n’y a pas, au final, de résurrection ? Pourquoi se préoccupent-ils de la culpabilité, si leur être prend fin avec la mort ?

Nous pensons qu’avec cette théorie, la relation est, au moins, aussi claire qu’avec n’importe quelle autre théorie, et que les difficultés qui demeurent sont plus rares et de bien moindre importance. »

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