Une Fois Encore : Réformé et Charismatique ? – R. Scott Clark

Nos amis de DGM ont recommencé. Cette fois, c’est une conférence de Tope Koleoso qui fait jaser quant aux relations entre le(s) mouvement(s) charismatique(s) et la théologie, la piété et la pratique Réformées.

Ce sujet a été abordé sur le HB en 2008 en réponse à un essai du professeur Jamie Smith du Calvin College et en 2009 en réponse à une question de Nick, lecteur du HB. Il n’est pas nécessaire de répéter ces posts ici, mais j’aimerais dire quelques mots :

Il existe une définition objective de l’adjectif « Réformé ». Les mots signifient des choses et l’adjectif « Réformé » signifie « cette théologie, piété et pratique dérivées des Écritures et confessées par les églises Réformées dans leurs catéchismes et confessions ecclésiastiques ».

Objection : Mais le sens des mots change. Le mot « nice » [trad. beau, gentil] signifiait « stupide », mais ce n’est plus ainsi que nous l’utilisons.

Réponse : Je conçois que le sens des mots change, mais il existe une différence entre l’évolution naturelle du sens d’un mot et le vol. Lorsqu’un mot a été continuellement utilisé par une société identifiable de personnes et lorsque le sens et l’intention derrière le mot sont restés constants, on ne peut pas dire que le sens du mot a soudainement « changé » quand un autre groupe s’en empare par la force et le redéfinit.

C’est un processus naturel pour l’herbe de mourir quand la température devient plus froide. Il n’y a pas grand-chose à faire. C’est le cours des choses dans la providence de Dieu. Cependant, si un voisin pulvérise du poison dans votre jardin ce n’est pas la même chose, pour l’herbe, qu’un processus naturel de mort. C’est du vandalisme. C’est un crime.

Ce n’est pas comme si les églises Réformées avaient laissé le mot de côté pendant un siècle ou deux de sorte qu’elles n’aient plus aucune revendication raisonnable sur ce mot ou sa signification originale. Les Églises réformées confessent la même foi qu’aux XVIe et XVIIe siècles. Nous sommes environ 500 000 en Amérique du Nord, un million au Nigéria, 50 000 en République démocratique du Congo, des millions en Corée du Sud et un nombre incalculable (mais important) de personnes dans d’autres pays d’Asie pour le bien desquels cela ne devrait même pas être spécifié. La confession Réformée n’est pas moribonde à l’échelle mondiale, même si elle croupit quelque peu au milieu des anabaptistes ressuscités  (voir ci-dessous) en Amérique du Nord.

Maintenant, nous sommes souvent et malheureusement incohérents avec notre confession alors, à certains égards, il est compréhensible que nos amis évangéliques qui, par rapport aux grandes traditions de l’Église occidentale sont pratiquement sans abri, veuillent emménager dans notre belle maison mais, que cela leur plaise ou non, nous y vivons encore et ils devront donc aller ailleurs.

Comme je l’ai soutenu dans un essai dans Always Reformed in the 19th century, le christianisme évangélique américain s’est transformé en une reproduction du mouvement anabaptiste des années 1520. Vous ne vous souvenez peut-être pas des rétroprojecteurs, mais si vous mettiez une image des anabaptistes de la première génération sur le projecteur et que vous y placiez ensuite une image de la religion évangélique américaine du 19e siècle, elles seraient très bien assortis.

Ce n’est pas parce qu’une organisation ou un mouvement commence à s’appeler lui-même « réformé » qu’il l’est. Si les congrégations réformées confessantes commençaient à appeler leurs congrégations « église baptiste un tel ou un tel » en partant du principe qu’elles pratiquent le baptême de convertis adultes jusqu’alors non baptisés, nos amis baptistes seraient à juste titre outragés – même si cela pouvait conduire à une croissance notable d’assistance aux congrégations Réformées ! DGM a de la sympathie pour certains aspects de la confession Réformée, mais il est le produit du revivalisme américain du Premier Grand Réveil, qui, selon les spécialistes de l’époque, n’était pas vraiment si grand (voir Recovering the Reformed Confession pour en savoir plus) et, à certains égards, du Second Grand Réveil. A cela, ils ont ajouté un soupçon de théologie prédestinarienne et une récente récupération de la doctrine de la justification. Nous sommes tous reconnaissants pour les bonnes choses qui sortent de DGM, mais cet épisode s’inscrit dans leur tentative d’inclure Rick Warren et le chef du dangereux et rejeté mouvement de la Vision Fédérale sous l’égide Réformée. Considérez ceci : de multiples dénominations Réformées ont publiquement et délibérément rejeté la théologie et la pratique de la VF [Vision Fédérale] en nommant la personne que DGM a invitée pour prendre, à deux reprises, la parole lors de leurs rassemblements. Lorsqu’on l’a contesté, le chef de DGM a affirmé qu’il savait mieux que les églises Réformées ce qu’elles devraient confesser. Là-dessus, regardez les épisodes 2 et 3 du Heidelcast où j’ai documenté ces affirmations.

Les ministres Réformés comptent sur le Saint-Esprit souverain pour faire des miracles, mais pas comme le pasteur Koleoso l’imagine. Nous comptons sur lui et nous le supplions sincèrement d’utiliser la prédication décente et ordonnée de la Parole pour ramener ses élus de la mort à la vie et nous comptons sur lui pour utiliser les saints sacrements afin de confirmer ses promesses, fortifier notre foi ainsi que notre union et notre communion avec le Christ ressuscité.

Ces choses sont un peu moins visibles et spectaculaires que ce que prétendent nos amis charismatiques et pentecôtistes, mais voilà. Les réformés ne sont ni pentecôtistes ni charismatiques. Nous avons eu ce débat avec les anabaptistes au 16e siècle. Ils n’étaient pas satisfaits avec la suffisance de la Sainte Parole de Dieu, des sacrements institués par le Christ et de la piété décente et ordonnée instituée par les apôtres. Voyez la section dans Recovering qui traite de la réponse Réformée à Munzter sur ces points précis. Le renouveau moderne des premiers anabaptistes, les mouvements charismatiques et pentecôtistes, cherche à reproduire les phénomènes apostoliques. Ils ne peuvent pas le faire mais bénissent leurs âmes de ce qu’ils continuent d’essayer.

Comme on dit chez nous, vous pouvez mettre du rouge à lèvres à un cochon, mais il reste toujours un cochon. Thomas Muntzer ne fût pas Réformé au XVIe siècle et il ne l’est toujours pas.

Article original disponible : https://heidelblog.net/2013/02/once-more-reformed-and-charismatic/

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