Comment la Tradition est-elle aussi une Règle de Foi ? Charles Hodge

Sans le savoir bien des Protestants professent aujourd’hui une doctrine du Sola Scriptura étrangère à celle des Réformateurs et des Confessions de Foi de la Réforme. Dans la pratique cela se traduit souvent par une réaction épidermique à toute notion de tradition et d’autorité ecclésiastique.

Le texte qui suit est tiré de la Théologie Systématique de Charles Hodge, un éminent théologien presbytérien du XIXème siècle. Dans le contexte immédiat de la citation l’auteur s’applique à dresser un examen de la doctrine catholique romaine concernant la Règle de la Foi.

Ce qu’il dit sur le Crédo et les doctrines traditionnelles doit être rappelé, encore et toujours.

Encore une fois, les protestants admettent qu’il y a eu une tradition ininterrompue de vérité depuis le protévangelium jusqu’à la fin de l’Apocalypse, de sorte qu’il y a eu un courant d’enseignement traditionnel qui coule dans l’Église chrétienne depuis le jour de la Pentecôte jusqu’à nos jours. Cette tradition est tellement une règle de foi que rien de contraire à elle ne peut être vrai. Les chrétiens ne sont pas isolés, chacun ayant son propre credo. Ils constituent un seul corps, ayant un credo commun. Rejeter ce credo, ou l’une de ses parties, c’est le rejet de la communion des chrétiens, incompatible avec la communion des saints, ou l’appartenance au corps du Christ. En d’autres termes, les protestants admettent qu’il existe une foi commune de l’Église, qu’aucun homme n’est libre de rejeter, qu’aucun homme ne peut rejeter et être chrétien. Ils reconnaissent l’autorité de cette foi commune pour deux raisons. D’abord, parce que ce que tous les lecteurs compétents d’un livre ordinaire prennent pour son sens, doit être son sens. Deuxièmement, parce que le Saint-Esprit est promis pour guider le peuple de Dieu dans la connaissance de la vérité, et que donc ce qu’ils s’entendent à croire, sous les enseignements de l’Esprit, doit être vrai. Il y a certaines doctrines fixes parmi les chrétiens, comme il y en a parmi les juifs et les mahométans, qui ne sont plus des questions ouvertes. Les doctrines de la Trinité, de la divinité et de l’incarnation du Fils éternel de Dieu ; de la personnalité et de la divinité de l’Esprit Saint ; de l’apostasie et du péché du genre humain ; les doctrines de l’expiation du péché par la mort du Christ et du salut par son mérite ; de la régénération et de la sanctification par le Saint-Esprit ; du pardon des péchés, de la résurrection du corps et de la vie éternelle, sont toujours entrées dans la foi de toute église historique reconnue sur la face de la terre, et ne peuvent plus être légitimement remis en question par quiconque prétend être chrétien.


Charles Hodge, Systematic Theology, livre I, chapitre 5, pp. 100.

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