Cet article assume le Principe Régulateur du Culte (PRC), qui est la doctrine biblique selon laquelle tout ce qui a une signification religieuse dans le culte doit être prescrit dans la Sainte Ecriture, soit explicitement, soit par bonne et nécessaire conséquence, de telle sorte que « tout ce qui est hors de la Parole de Dieu est contre la Parole de Dieu » [1]. Compte tenu du PRC, il suffit de démontrer que la Bible commande de chanter les Psaumes dans le cadre du culte et de ne pas trouver de commandement ordonnant de chanter quelque autre chose. La Bible n’a pas besoin de dire explicitement « chantez exclusivement les Psaumes », ni d’interdire explicitement tous les hymnes de composition humaine, elle doit juste prescrire le chant des Psaumes et ne rien prescrire d’autre.

1) L’inspiration est une qualification nécessaire pour écrire des chants d’adoration.

Le modèle de l’Écriture, du début à la fin, est que les chants de louange ont toujours été composés sous l’inspiration du Saint-Esprit, soit pour des occasions provisoires et exceptionnelles, soit pour un usage perpétuel dans le culte public et privé. « Il y a un lien biblique entre la prophétie et la louange. Il n’y a pas de justification, dans l’Écriture, pour l’utilisation de compositions humaines non inspirées dans le culte pour chanter la louange de Dieu. Ceux qui ont écrit des chants destinés au culte savaient qu’ils étaient des prophètes et étaient conscients qu’en tant que prophètes, ils fournissaient des paroles inspirées à chanter ». (Robert McCurley, The Singing of Psalms).

Voici un bref aperçu des louanges chantées dans l’Écriture :

V. Quand la louange a-t-elle été publiquement rendue à Dieu, pour la première fois, par l’église ?

Nous voyons cela pour la première fois sur les rives de la mer Rouge, lorsque « l’église » (Actes 7:38) a été délivrée de ses ennemis. Exode 15:1.

VI. Quand la louange a-t-elle été établie comme partie du culte divin ?

Tout particulièrement lorsque le culte de l’Éternel a été établi à Jérusalem, au temps de David, qui a parlé comme il était poussé par le Saint-Esprit ; et il est appelé par Dieu, « le doux psalmiste d’Israël ». 2 Sm. 23:1-2 ; 1 Ch. 15:16, 19, 27.

VII. Par la suite la louange faisait-elle partie du culte divin ?

Oui. Ps. 100:4 ; 84:4 ; 43:3, 4 ; Col. 3:16 ; Ep. 5:19.

VIII. David, en tant que psalmiste d’Israël, a-t-il écrit tous les psaumes ?

Non. Il en a probablement écrit plus de la moitié. Pourtant, ils sont appelés par son nom (He. 4:7 ; Rm. 11:9) parce qu’il a été employé bien plus que tout les autres, dans cette partie de la parole de Dieu, comme l’amanuensis [le secrétaire] du Saint-Esprit.

IX. À l’origine quel était le nom donné à cette partie des Saintes Écritures qui est ainsi appelée du nom de David ?

Elle s’appelait « Tehillim », c’est-à-dire hymnes ou louanges, parce qu’elle a été donnée comme la matière de la louange divine pour l’église de Dieu dans tous les âges futurs. Elle est également appelée « Psaumes », car beaucoup de ces « chants spirituels » étaient, lors du culte au temple, chantés avec le psaltérion. Certaines parties du livre portent d’autres noms, comme Mizmor, Shir (46, titre), Tehillah (145, titre), Tephilah (17, 86, 102, titres), Prières, Shir-hammacholoth (120-134) – Odes de l’Ascension. Ils sont aussi appelés, dans la Septante, Psalmoi.

X. Quand les Tehillim, ou Psaumes, ont-ils été écrits et constitués en livre ?

Ils ont été écrits d’une manière similaire aux autres parties de l’Écriture Héb. 1:1, pendant une période de près de mille ans, et ont été rassemblés en un seul livre, probablement par « Esdras le prêtre, un scribe de la loi du Dieu des cieux ». Ils se trouvaient dans leur ordre numérique actuel à l’époque des apôtres. Actes 13:33.

XI. D’autres chants, outre ceux contenus dans le Livre des Psaumes, ont-ils été composés durant cette époque ?

Oui, beaucoup. Comme le Cantique de Débora Jg. 5:12, le cantique du puits Nb. 21:17, 18, les 1005 cantiques de Salomon, et d’autres.

XII. Ces chants n’ont-ils pas été donnés pour sa louange, ou n’est-il pas ordonné à l’église de les chanter dans tous las âges à venir ?

Non. Comme nous lisons différents livres de l’Écriture, tels que le livre de Gad, de Nathan, de Jehu, de Jasher, et l’Épître à Laodicée, qui n’ont pas été recueillis dans le canon sacré, par le Saint-Esprit, nous savons donc que, par la même souveraineté divine, les chants ainsi notifiés, ou même consignés, étaient éphémères comme matière de louange ; alors que les chants contenus dans le « Sepher Tehillim », ou Livre des Psaumes, et rassemblés et placés dans un seul livre par l’Esprit, font partie de « la parole de Dieu, qui vit et demeure éternellement », choisis par une sagesse infinie, et expressément donnés à l’église comme matière de louange jusqu’à la fin des temps. Le même principe s’applique à tout hymne ou chant isolé et occasionnel, que l’on peut trouver dans le Nouveau Testament [2].


Alexander Blaikie, A Catechism on Praise

Moïse, le plus grand prophète de l’Ancien Testament, a composé le Psaume 90, et a été chargé par Dieu de composer un autre chant dans Deutéronome 31:19[3] Les prophétesses Miriam (Ex. 15) et Déborah ont prophétisé en chantant (Juges 4:4 ; 5:1). La compagnie des prophètes prophétisait en chantant (1 Samuel 10:5).

« Voici les dernières paroles de David. Parole de David, fils d’Isaï, Parole de l’homme haut placé, De l’oint du Dieu de Jacob, Du chantre agréable d’Israël. L’esprit de l’Eternel parle par moi, Et sa parole est sur ma langue. » 2 Sm 23:1-2

« L’homme haut placé » comprend le mot hébreu pour oracle, qui se réfère aux déclarations révélatrices de Jéhovah. David était prophète (Actes 2:29-30) et inspiré par le Saint-Esprit (Actes 1:16) pour écrire des chants d’adoration à usage perpétuel dans l’Église.

« Puis le roi Ezéchias et les chefs dirent aux Lévites de célébrer l’Eternel avec les paroles de David et du prophète Asaph; et ils le célébrèrent avec des transports de joie, et ils s’inclinèrent et se prosternèrent. » 2 Chroniques 29:30

Ezéchias, Josias, Zorobabel et Néhémie ont restauré l’adoration de l’Eglise de l’Ancien Testament, ce qui inclut un retour aux chants qui avaient été donnés par les prophètes pour le culte public (2 Chron. 29:30 ; 20:21-22 ; 23:18 ; 35:15 ; Esdras 3:10-11 ; Néh. 12:45-46).

Un voyant est un prophète, « Car celui qu’on appelle aujourd’hui le prophète s’appelait autrefois le voyant » (1 Samuel 9:9). Le chant d’adoration est le produit de la prophétie (1 Ch 25:1-7). Asaph le voyant (2 Ch 29:30), Jeduthun le voyant (Psaumes 39, 62 et 77 ; 1 Ch 35:1 ; 2 Ch 35:15), Héman le voyant (1 Ch 25:5), etc. ont été désignés par Dieu pour composer un canon de chants d’adoration à usage perpétuel dans l’Église.

Pour chaque exemple et commandement que nous avons de chanter dans l’Écriture, le contenu a était écrit par ceux qui « ont été poussés par le Saint-Esprit » (2 Pierre 1:21).

L’inspiration est une qualification nécessaire pour écrire des chants de louange, elle appartient à l’office prophétique. Il n’y a pas de justification dans l’Écriture pour l’utilisation de compositions humaines non inspirées pour le chant de louange de Dieu dans le culte. Cette condition est maintenue comme une exigence dans le Nouveau Testament. Aucun autre chant n’est pourvu.

Robert McCurley, The Singing of Psalms.

Asaph, Heman et Ethan étaient des hommes animés d’une infaillible mesure de l’Esprit de prophétie, en composant ces Psaumes que l’Église d’Israël a reçu d’eux. Donnez-nous des hommes semblables avec des dons semblables, et nous recevrons leurs Psaumes, comme l’Eglise d’Israël l’a fait pour les autres.

John Cotton, Singing of Psalms a Gospel Ordinance (1647), p. 27.

Puis nous arrivons au Nouveau Testament et nous voyons le Christ et les Apôtres chanter des louanges tirées du canon complet de chants donnés par le Saint-Esprit (Mat. 26:30 ; Marc 14:26 ; Actes 16:25 ; Jacques 5:13). Le théologien de Westminster John Lightfoot en appelle à la suffisance du Psautier et souligne que Dieu aurait pu désigner davantage de chants d’adoration à écrire pour l’usage de l’Église s’il le fallait, mais même notre Seigneur s’en est contenté :

Ici [Mat. 26:30] le Seigneur de David chante les Psaumes de David… Celui qui a donné l’Esprit à David pour composer, chante ce qu’il a composé. Cette copie toute bénie de paix et d’ordre, aurait pu s’indigner, aurait pu inspirer chaque disciple à être un David, mais se soumet à l’ordre, que Dieu avait établi, chante les Psaumes de David, et favorise la paix de l’Eglise, et prend le même chemin que toute l’Eglise… Si vous chantez droitement, chantez les Psaumes de David, mais faites-les vôtres. Que la maitrise de la composition soit sienne, la vie de dévotion vôtre.

John Lightfoot, Works, vol. vii, 1 Cor. 14:26 : « Everyone hath a psalm », pp. 40-43.

« Que faire donc, frères? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification. » 1 Corinthiens 14:26

1 Corinthiens 14:14-26 décrit une prophétie révélatrice donnée en déclarations charismatiques dans un chant semblable aux exemples de l’Ancien Testament que nous venons de voir. Il ne s’agissait pas d’un chant collectif, mais de chants délivrés par des individus de manière spontanée. Mais ce don était temporaire. L’Église n’est pas en mesure aujourd’hui de produire des textes inspirés. La fonction temporaire de prophète a expiré et la production de textes inspirés a cessé. Sans la fonction de prophète, il ne peut y avoir de composition de chants d’adoration. Nous n’avons pas plus de raison de substituer le texte canonique pour le chant que pour la lecture.

« L’utilisation des Psaumes dans le Nouveau Testament confirme que les Psaumes sont prévus pour un usage permanent. Il n’y a pas dans, le Nouveau Testament, de don accordé en vue d’une louange inspirée, pas de commandement d’en composer une, pas de trace de nouveaux chants dans le Nouveau Testament, pas de commandement d’écrire une louange non inspirée ». (McCurley, ibid.).

Objection : Les ministres composent des sermons et prient dans leurs propres mots, nous pouvons donc utiliser nos propres mots pour composer des hymnes pour le culte.

Réponse : Lorsque Dieu prescrit une ordonnance, il définit le contenu de cette ordonnance. Dieu a donné un office permanent de ministère à l’Église, les pasteurs, qui doivent expliquer le sens de l’Écriture, « enseignant purement la parole de la vérité » (2 Tim. 2:15). Alors que nous devons reconnaître Dieu « dans toutes nos voies » [Prov. 3:6], et « prier sans cesse » [1 Thes. 5:17], il a, par une formule courte et parfaite, dit, « voici comment vous devez prier » [Mat. 6:9]. (Blaikie, ibid.). En  réalité, il n’y a pas d’exemple ou de commandement ordonnant de présenter nos propres compositions humaines devant Dieu pour l’adorer comme il y en a pour utiliser nos propres mots dans les sermons prêchés (Néh. 8:8 ; Mat. 28:19-20 ; Luc 24:47 ; 2 Tim. 2:15 ; 4:2) et dans les prières (Mat. 6:9 ; Rom. 8:26 ; Phil. 4:6 ; 1 Tim. 2:1-2 ; 1 Jean 5:14). Il n’y a pas de livre de prières ou de sermons canoniques, mais il existe un livre canonique pour la lecture (la Bible) et pour le chant (les Psaumes).

Objection : Le chant n’est pas un élément de culte mais plutôt un mode de prière, d’enseignement ou d’exhortation.

Réponse : Chanter des louanges à Dieu nous apprend en effet à le connaître et à savoir ce qu’il exige de nous (Col. 3:16) et consiste en des requêtes et des supplications solennelles à Dieu (Ps. 55:1), mais pas comme une manière indifférente d’accomplir les autres actes d’adoration, car le chant de louange est lui-même un acte d’adoration prescrit par l’Écriture (Ex. 15:21 ; 1 Ch. 16:9, 23 ; Ps. 9:11 ; 30:4 ; 33:2, 3 ; 47:6, 7 ; 66:2 ; 68:4, 32 ; 81:1 ; 95:1 ; 96:1, 2 ; 98:1, 4, 5 ; 105:2 ; 135:3 ; 147:7 ; 149:1, 3, etc.)

Deuxièmement, Dieu définit les paramètres des ordonnances qu’il prescrit. Appliquer les paramètres d’une partie du culte à une autre conduit à des absurdités et le critique qui avance cet argument n’adore pas, en réalité, de manière cohérente. Par exemple, si le chant est un mode de prière, d’enseignement ou d’exhortation, alors seuls les hommes ordonnés peuvent chanter. Au lieu de prêcher des sermons, les hommes ordonnés peuvent les chanter. L’ensemble du service de culte peut être chanté, ou rien de tout cela ne peut être chanté. Ou, puisque les femmes doivent chanter, alors les femmes peuvent aussi prêcher et diriger la prière, ce qui contredit divers passages, par exemple 1 Tim. 2:12 ; 1 Cor. 14:34-35.

Objection : L’Écriture parle à plusieurs reprises de chanter un « chant nouveau » (Ps. 33:3 ; 40:3 ; 96:1 ; 98:1 ; 144:9 ; 149:1 ; Ésa. 42:10). Les quatre bêtes et les 24 vieillards ont chanté un « chant nouveau » (Apoc. 5:9), les 144 000 disciples de l’Agneau qui ont obtenu la victoire sur la bête ont également chanté un « chant nouveau » (Apoc. 14:3). Par conséquent, nous pouvons (ou devrions) composer de nouveaux chants pour le culte public.

Réponse : Lorsque nous rencontrons l’exhortation à « chanter (non pas composer) un chant nouveau » dans les Psaumes, cela ne veut pas dire que nous devrions arrêter de chanter le psaume pour aller en écrire un « nouveau », cela veut dire que ce psaume est lui-même le « chant nouveau » en question. Matthew Poole commente, en Apocalypse 14:3, le sens véritable de l’expression « chant nouveau » telle qu’employée dans les Ecritures, « Et tout au long des Ecritures en général, un chant nouveau signifie un chant qui loue Dieu pour certains nouveaux bienfaits reçus de lui ». Poole commente également sur le Psaume 33:3 : « Ainsi ce chant est ici appelé nouveau, non pas tant quant la matière mais plutôt quant à la façon dont il est chanter ; parce qu’il est chanté à nouveau, ou encore une fois ». Par conséquent, l’exhortation à chanter un chant nouveau ne constitue pas une justification suffisante pour composer nos propres chants d’adoration. Vous trouverez ici un traitement plus détaillé de ce sujet : Psalmody Objections Answered: “New Song”.

2) Le but du Livre des Psaumes

Dieu a spécifiquement désigné le Livre des Psaumes, non seulement pour être lu, comme les autres livres de la Bible, mais aussi pour être chanté. Il est appelé « Sepher Tehillim », ce qui signifie « Livre de louanges », et l’Écriture nous demande à plusieurs reprises de chanter des psaumes (1 Ch. 16:9 ; Ps. 95:2 ; Ps. 149:1 ; Ps. 105:2 ; Col. 3:16 ; Eph. 5:19 ; Jacques 5:13, etc.) De plus, nous avons vu comment le Psautier avait été développé et utilisé par l’Église dans l’Ancien et le Nouveau Testament, ce qui démontre une fois encore que le Psautier a pour but d’être chanté. Le Saint-Esprit a inspiré et compilé le matériel nécessaire à l’accomplissement du commandement de louer Dieu, notre travail est de le recevoir et de l’utiliser comme il se doit, sans y ajouter ni y retrancher.

« L’Ecriture fournit, et nous possédons, un dépôt de chants inspirés dans le canon et nous enjoint d’utiliser ce texte dans l’adoration. Par conséquent, le Livre des Psaumes a un statut unique et fait autorité, nous sommes limités à ce que Dieu a rendu disponible dans la Bible. Le Livre des Psaumes lui-même nous dit qu’il est destiné à l’adoration de Dieu. Une provision divine d’un recueil de chants inspirés dans le canon constitue une prescription. La simple existence du Psautier dans le canon prouve qu’il s’agit d’un élément distinctif pour le culte de Dieu. Un texte canonique pour la lecture et un texte canonique pour le chant, pourvus par la Bible elle-même, sont l’un et l’autre irréfutablement connectés ». (McCurley, ibid.).

« Les Ecritures contiennent de nombreux commandements de louer Dieu en chantant (Ex. 15:21 ; 1 Ch. 16:9, 23 ; Ps. 9:11 ; 30:4 ; 33:2, 3 ; 47:6, 7 ; 66:2 ; 68:4, 32 ; 81:1 ; 95:1 ; 96:1, 2 ; 98:1, 4, 5 ; 105:2 ; 135:3 ; 147:7 ; 149:1, 3, etc.) ». [4] Dieu a institué le chant d’adoration comme une ordonnance permanente dans l’Église, de sorte que l’inclusion du Livre des Psaumes dans le canon démontre la provision du contenu de cette ordonnance. Ce n’est pas comme si Dieu nous ordonnait de chanter mais ne nous fournissait pas un texte suffisant pour chanter.

Le Psautier a été fait pour être chanté dans le cadre du culte. Sa simple présence dans le canon de l’Écriture constitue un commandement de chanter ses chants. Par conséquent, la charge de la preuve incombe à ceux qui prétendent que nous pouvons chanter n’importe quoi d’autre, car un mandat de l’Ecriture doit être donné pour introduire quoique ce soit d’autre dans le culte de Dieu. On peut trouver un mandat suffisant pour chanter les Psaumes, mais il manque la preuve que l’Écriture prescrit le chant de tout autre chose, en particulier de chants composés sans l’inspiration du Saint-Esprit, ce qui n’a jamais été la règle pour le peuple de Dieu.

Quand Ezéchias, Josias, Zorobabel et Néhémie ont restauré le culte de l’Eglise de l’Ancien Testament, ils ne sont pas revenus aux chants de Miriam, de Déborah, etc., mais ils ont plutôt chanté à « l’Eternel avec les paroles de David et du prophète Asaph » (2 Ch. 29:30 ; cf. 2 Ch. 20:21-22 ; 23:18 ; 35:15 ; Esdras 3:10-11 ; Néh. 12:45-46). Même si les premiers chants sont inspirés par le Saint-Esprit, ils n’ont pas été compilés dans le Psautier par lui et ont été évidemment composés et chantés dans un but particulier plutôt que pour un usage perpétuel ; aussi les rois pieux n’ont pas composé de nouveaux chants sans le don prophétique, ils ont plutôt trouvé le Psautier canonique suffisant pour le contenu de la louange. Les rois pieux ont donc reconnu le statut canonique du Psautier, même si le Psautier n’était pas encore complet pour certains d’entre eux.

« Lorsque nous disons que le livre de chants canoniques de la Bible doit être complété par des éléments extérieurs au canon, que le canon lui-même ne fournit pas ce dont nous avons besoin, nous disons que la Bible n’est pas suffisante ». (McCurley, ibid.).

Objection : L’existence de chants, dans l’Écriture, en dehors du Livre des Psaumes, prouve que la Psalmodie Exclusive est erronée.

Réponse : Bien qu’il existe d’autres chants scripturaires en dehors du Psautier, et que des chants chantés sous l’inspiration du Saint-Esprit n’aient pas été ensuite consignés dans les Écritures, ces chants n’ont pas été inclus dans le Psautier par le Saint-Esprit et n’étaient évidemment destinés qu’à un usage temporaire. Loin s’en faut que l’existence de chants scripturaires en dehors du Psautier justifie la composition de chants non inspirés.

Jusqu’à la collection finale et la clôture du Psautier et du reste du canon de l’Ancien Testament, probablement du temps d’Esdras et de Néhémie, la question de l’utilisation exclusive de tout livre de chants est hors de propos. Le Psautier n’a pas été clos avant la fermeture du canon de l’Ancien Testament. Soulever l’existence de ces chants comme une objection à la psalmodie exclusive a autant, ou aussi peu, de sens que de faire appel à des passages comme 1 Corinthiens 5:9 et Colossiens 4:16 pour autoriser la prédication à partir de matériaux non canoniques. Nous admettons librement que certains chants ont été chantés dans le culte de l’Ancien Testament et n’ont finalement pas été inclus dans le Psautier, tout comme nous admettons que Paul a écrit des lettres qui ont fait autorité dans l’Église mais qui n’ont finalement pas été incluses dans le canon des Écritures tel que nous l’avons maintenant.

Michael Bushell, Songs of Zion, p. 189.

3) La suffisance du psautier

« Le statut du Livre des Psaumes comme manuel de louange permanent est suffisant pour accomplir le commandement de chanter des louanges dans le culte ; aucun autre contenu n’est nécessaire. Le Psautier canonique est utilisé à la lumière d’un canon complet du Nouveau Testament, qui met en lumière la plénitude de la signification du Livre des Psaumes. Le Nouveau Testament cite le Livre des Psaumes plus que tout autre livre. En moyenne, le Livre des Psaumes est cité une fois tous les dix-neuf versets dans le Nouveau Testament ». (McCurley, ibid.).

Par exemple, Hébreux 1, l’un des chapitres les plus centrés sur le Christ dans le Nouveau Testament, cite sept fois les Psaumes. Non seulement le Livre des Psaumes est centré sur le Christ, mais il est également centré sur l’expérience, il nous donne toutes les facettes de l’expérience chrétienne, et dans des proportions que vous ne trouverez jamais dans un livre de cantiques sans inspiration. (c.f. The Marcions Have Landed, et What Can Miserable Christians Sing ? par Carl Trueman). (McCurley, ibid.).

« Chacun de ces livres [de la Bible], voyez-vous, est comme un jardin où pousse un fruit particulier ; par contraste, le Psautier est un jardin qui, en plus de son fruit particulier, en fait aussi pousser quelques-uns de tous les autres… » 

« Il nous est donc possible de trouver dans le Psautier non seulement le reflet de l’état de notre âme, avec un précepte et un exemple pour toutes les situations possibles, mais aussi une forme de discours adaptée pour plaire au Seigneur dans chacune des circonstances de la vie… » 

« Ainsi donc, mon fils, que celui qui lit ce Livre des Psaumes prenne les choses qui y sont contenues tout simplement comme inspirées par Dieu ; et que chacun y choisisse, comme dans les fruits d’un jardin, les choses dont il se voit dans le besoin. Car je pense que dans les mots de ce livre toute la vie humaine est couverte, avec tous ses états et ses pensées, et que rien de plus ne peut être trouvé dans l’homme. Car quoi que vous cherchiez, que ce soit la repentance et la confession, ou l’aide dans les difficultés, les tentations ou dans les persécutions, que vous soyez libéré des complots et des pièges ou, au contraire, que vous soyez triste pour une raison quelconque, ou que, vous voyant progresser et votre ennemi abattu, vous vouliez louer, remercier et bénir le Seigneur, dans chacune de ces choses les Divins Psaumes vous montrent comment faire, et dans tous les cas les paroles que vous souhaitez y sont écrites pour vous, et vous pouvez les prononcer comme étant les vôtres ».

Athanase (296-373), Letter to Marcellinus on the Interpretation of the Psalms

« Nous en savons plus sur l’expérience intérieure de Jésus sur la croix grâce au Livre des Psaumes que nous n’en saurions jamais grâce aux quatre Evangiles. C’est un livre christocentrique. Tous les offices du Christ, l’humiliation, l’exaltation, toutes les diverses fonctions et aspects de sa rédemption, tout est là, il ne manque rien. Dieu savait ce qu’il faisait quand il a pourvu à ce perpétuel manuel de louange ». (McCurley, ibid.).

« Je crois que l’homme ne peut rien trouver de plus glorieux que ces Psaumes, car ils embrassent toute la vie de l’homme, les affections de son esprit et les mouvements de son âme. Pour louer et glorifier Dieu, il peut choisir un psaume adapté à chaque occasion, et il trouvera ainsi qu’ils ont été écrits pour lui ».

Athanase (296-373), Treatise on the Psalms.

« Le Livre des Psaumes est un recueil de toute la divinité ; une réserve commune de médicaments pour l’âme ; un magazine universel de bonnes doctrines profitable à tous dans toutes les conditions ».

Basile de Césarée (c. 379).

Or ce que dit saint Augustin est vrai, que nul ne peut chanter choses dignes de Dieu, à moins de les avoir reçues de Dieu lui-même. Donc quand nous aurons bien tourné dans tous les sens pour chercher çà et là, nous ne trouverons de meilleurs chants, rien qui soit mieux adapté à cette fin, que les Psaumes de David, car c’est le Saint Esprit qui les lui a dictés et les a composés. C’est pourquoi, quand nous les chantons, nous sommes certains que Dieu nous met en la bouche les paroles, comme si lui-même chantait en nous pour exalter sa gloire.

Jean Calvin, Épître au Lecteur, Psautier de Genève (1542).

L’Assemblée de Westminster a reconnu que le chant des psaumes est un élément du culte et a manifestement cru qu’il suffisait de commander une traduction métrique du Livre des Psaumes pour que l’église puisse s’acquitter de cette tâche. (Voir Westminster and Worship Examined dans The Confessional Presbyterian Journal (2008) pour la preuve que la Confession est bien Psalmodiste Exclusive). 

G.I. Williamson aborde de manière persuasive la question de la suffisance du Psautier : 

Supposons un instant que le livre des Psaumes de l’Ancien Testament n’était pas un moyen de louange adéquat pour l’église du Nouveau Testament. N’est-il pas évident que, si c’était vraiment le cas, le premier à s’en rendre compte aurait été notre Seigneur ? Notre Seigneur a bien compris qu’il fallait un nouveau sacrement. C’est pourquoi il a institué le sacrement de son corps et de son sang que nous appelons la Cène. Pourtant, à l’occasion même où il l’a fait, il a conduit ses disciples à chanter un psaume tiré du Psautier. Et, d’après toutes les évidences que j’ai constatées, l’apôtre Paul a suivi l’exemple de son Seigneur. Il n’a pas, lui-même, écrit de nouveaux chants. Ce qu’il a fait, c’est qu’il a demandé aux Ephésiens et aux Colossiens de chanter les psaumes pneumatiques [spirituels], les hymnes et les chants qu’ils avaient déjà – ce qu’ils pouvaient facilement faire parce qu’ils avaient le Psautier dans leur version des Septante de la Bible. Les apôtres étaient des hommes inspirés. S’il y avait eu une lacune dans le livre des Psaumes, dont ils avaient hérité dans les Écritures de l’Ancien Testament, ils auraient sûrement été prompts à s’en rendre compte et, s’en rendant compte, ils auraient certainement pu faire quelque chose pour remédier à cette lacune. Ils auraient même pu nous donner un livre de chants néo-testamentaires inspirés. Mais ils ne l’ont pas fait. Ainsi, l’argument selon lequel les nouvelles époques de révélation rédemptrice font toujours naître de nouveaux chants de louange est tout simplement contraire au fait historique.

Une grande partie de l’argumentation actuelle en faveur de chants non inspirés est fondée sur la présomption que le Psautier est déficient en tant que recueil de chants de l’église de la nouvelle alliance. L’opinion de Calvin, était très différente, il a écrit :

J’ai l’habitude de nommé ce livre, pas improprement je pense, « Une Anatomie de toutes les Paries de l’Âme ». En bref, comme l’invocation de Dieu est un des principaux moyens d’assurer notre sauvegarde et comme une règle meilleure et plus infaillible pour nous guider dans cet exercice ne peut être trouvée ailleurs que dans les Psaumes, il s’ensuit que, proportionnellement à la compétence qu’un homme aura acquise dans leur compréhension, ainsi sera sa connaissance de la partie la plus importante de la doctrine céleste… C’est en parcourant ces compositions inspirées que les hommes seront le plus efficacement éveillés au sens de leurs maladies, et, en même temps, instruits dans la recherche des remèdes pour leur guérison… Il n’y a pas d’autre livre dans lequel on puisse trouver des éloges plus explicites et plus magnifiques, tant de la libéralité inégalée de Dieu envers son Église, que de toutes ses oeuvres ; il n’y a pas d’autre livre où l’on ait rapporté autant de délivrances, ni dans lequel les évidences et les expériences de la providence et de la sollicitude paternelles que Dieu exerce à notre égard, sont célébrés avec une diction si splendide, et pourtant toujours avec la plus stricte adhésion à la vérité; bref, il n’y a pas d’autre livre où l’on nous enseigne plus parfaitement la juste manière de louer Dieu, et où l’on nous incite plus puissamment à l’accomplissement de cet exercice religieux…il n’y a rien qui manque ici qui concerne la connaissance du salut éternel ». (Calvin’s Preface to his Commentaries on the Psalms, pp. xxxviii & xxxix).

 …après avoir cherché de tous côtés, cherchant ici et là, nous ne trouverons pas de chants meilleurs et plus appropriés à notre but que les Psaumes de David, qui lui ont été dictés et faits pour lui par le Saint-Esprit. » (Opéra, vol. VI, p. 171-172)

Le réformateur écossais, John Knox, fait écho au même sentiment : « …il n’y a pas de chants qui se rencontrent plus que les Psaumes du prophète David, que le Saint-Esprit a mis en forme pour ce même usage, et qu’il a recommandé à l’Eglise comme contenant l’effet de l’ensemble des Ecritures, afin que nos coeurs soient ainsi plus touchés… » (Travaux de John Knox, vol. 4, p. 164-166).

G.I. Williamson, The Regulative Principle of Worship, Ordined Servant, vol. 10, n° 4, p. 74.

L’ecclésiastique anglican William Romain interroge ceux qui prétendent que les hymnes humains composés sont supérieurs aux Psaumes :

Je veux un nom pour cet homme qui prétend pouvoir faire de meilleurs hymnes que le Saint-Esprit. Sa collection est suffisamment vaste ; il ne veut pas d’ajout. Il est aussi parfait que son auteur, et ne peut être amélioré. Pourquoi, dans un tel cas, un homme, dans le monde, se mettrait-il en tête de s’asseoir et d’écrire des hymnes pour l’Église ? C’est comme s’il voulait écrire une nouvelle Bible, non seulement meilleure que l’ancienne, mais tellement meilleure que l’ancienne pourrait être mise de côté. Quelle tentative blasphématoire ! Et pourtant nos chantres, par inadvertance je l’espère, se sont rapprochés de ce blasphème ; car ils ont exclu les Psaumes, introduit leurs propres versets dans l’Église, ils les ont chantés avec grand bonheur, et, comme ils le souhaitaient avec grand profit ; bien que cette pratique soit en opposition directe avec le commandement de Dieu, et, par conséquent, ne puisse être accompagnée de la bénédiction de Dieu.

William Romaine, Works, An Essay on Psalmody, p. 996.

Objection : Vous ne pouvez pas chanter le nom de Jésus si vous ne chantez que les Psaumes.

Réponse : Cet argument peut sembler émotionnellement persuasif, mais il est enraciné dans l’ignorance. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles cette objection est inadéquate, il n’entre pas dans le cadre de cet article de les aborder toutes. Veuillez lire Do We Sing Jesus Christ’s Name in the Psalter ? du révérend Travis Fentiman.

Objection : La Bible dit de chanter aussi des hymnes et des chants spirituels, pas seulement les Psaumes.

Réponse : « Psaumes, hymnes et chants spirituels » ne signifie pas les Psaumes de David, les hymnes de Fanny Crosby et les chœurs charismatiques des temps modernes. Ceci c’est de l’eiségèse ». (McCurley, ibid.). Que signifie cette phrase dans la Bible ? Notre interprétation doit être cohérente avec ce que nous avons appris ci-dessus, même si d’autres interprétations sont exégétiquement possibles, car l’Écriture ne se contredit pas. La meilleure explication est qu’il s’agit d’une référence au Livre des Psaumes. Voir ici : Psalms, Hymns, and Spiritual Songs

Résumé

En conclusion, nous avons vu que la preuve en faveur de la Psalmodie Exclusive est faite en démontrant que la Bible commande le chant des Psaumes dans le culte et qu’il ne s’y trouve tout simplement pas de commandement de chanter autre chose. La Bible n’a pas besoin de dire explicitement « chantez exclusivement les Psaumes» ; elle doit simplement prescrire le chant des Psaumes et ne rien prescrire d’autre.

Nous avons constaté que le schéma de l’Écriture, du début à la fin, est que les chants de louange ont toujours été composés sous l’inspiration du Saint-Esprit, soit pour des occasions temporaires et spéciales, soit pour un usage perpétuel dans le culte public et privé. Et qu’un livre canonique de chants de louange a été compilé par le Saint-Esprit pour pourvoir, tout au long de l’histoire de l’Église, au matériel nécessaire à l’accomplissement des commandements de louange. Enfin, nous avons vu que ce livre de louange canonique est suffisant pour le culte du Nouveau Testament, et que s’il ne l’était pas, notre Seigneur et Sauveur bien-aimé aurait perpétué les offices prophétiques et les dons requis pour la composition de chants de louange à travers les âges ; ou simplement ajouté au Livre des Psaumes avant la clôture de l’ensemble du canon des Écritures lors l’achèvement du Nouveau Testament.

Accueillons la Parole de Dieu avec joie et approchons-le dans le culte selon ses propres conditions, plutôt qu’avec l’œuvre des mains humaines !

[1] Samuel Rutherford, The Divine Right of Church Government, p. 119.

[2] “Until the final collection and close of the Psalter along with the rest of the Old Testament canon, probably during the time of Ezra and Nehemiah, the question of the exclusive use of any book of songs is out of place. The Psalter was not closed until the Old Testament canon was closed. To raise the existence of these songs as an objection to exclusive psalmody makes about as much or as little sense as appealing to passages like 1 Corinthians 5:9 and Colossians 4:16 for the authority to preach from non-canonical materials. We freely grant that some songs were sung in Old Testament worship which were not finally included in the Psalter, just as we grant that Paul wrote some letters which functioned authoritatively in the Church but which were not finally included in the canon of Scripture as we now have it.” (Michael Bushell, Songs of Zion, p. 189).

c.f. Daniel Kok, Psalmody and Other Songs in Scripture.

[3] « Le « second chant de Moïse » (Deutéronome 32) n’a pas été donné, même dans son contexte original, comme un chant d’adoration, mais comme un chant d’avertissement aux enfants d’Israël. Il n’a pas été donné pour être « chanté à l’Éternel » mais, comme le dit Deutéronome 31:19-22, comme un témoignage de l’Éternel parlant à Son peuple, contre lui. Il est clair, d’après l’usage déclaré de ce chant par le Seigneur, qu’il n’a jamais été prévu par Lui d’être un chant « orienté verticalement », c’est-à-dire allant vers Lui comme une offrande des lèvres (Hébreux 13.15), mais un chant de témoignage et d’avertissement de Sa part à Son peuple » (Rev. Todd Ruddell, Exclusive Psalmody website).

[4] Brian Schwertley, Exclusive Psalmody: A Biblical Defense.

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