Un constat amer 

« Depuis 1685, la Foi confessée par la Gallicanacomme aussi par l’ensemble des confessions réformées des XVIe et XVIIe siècles : la Belgica, les XXXIX articles de l’Église d’Angleterre, les catéchismes de Genève et de Heidelberg, la Seconde confession helvétique, les Canons de Dordrecht, les textes de Westminster, etc. – n’est plus guère gardée en France. S’il y a encore un ‘protestantisme’ à géométrie variable, il n’est plus – ou presque – de protestantisme ‘réformé’ au sens ‘confessant’ et historique du mot. »[1]

De longues années ont passé depuis que le regretté Pierre Courthial couchait ces quelques lignes sur papier. Elles n’en gardent pas moins toute leur force. Pour ainsi dire, elles n’ont jamais été autant d’actualité. 

Voilà maintenant plus de 300ans qu’il n’existe plus d’Église Réformée en France. Quelques irréductibles paroisses ont, parfois, plus ou moins bien résisté à l’apostasie ambiante. Mais à l’échelle nationale, le constat est amer : il n’y a plus d’Église Réformée en France. 

Qu’est-ce qu’une église Réformée ? 

Certains pourraient être tentés de rétorquer à ce cinglant constat : « Comment pouvez-vous affirmer pareille chose ? Que faites vous de l’EPUdF (Église Protestante Unie de France) et de l’UNEPREF (Union National des Église Protestantes Réformées Évangéliques de France) ? Ne sont-ce pas là des églises Réformées ? » La réponse est : non.  Non, l’EPUdF et l’UNEPREF ne sont pas des églises Réformées. En disant cela nous ne prétendons pas les mettre sur un pied d’égalité : l’UNEPREF s’apparente à une église évangélique classique qui demeure orthodoxe sur les grands points de la foi ; l’EPUdF est une synagogue de Satan.

Une église Réformée se définit par son adhésion aux Confessions et aux Catéchismes Réformés des 16ème et 17ème siècles. Une église Réformée est une église dont la théologie, la piété et la pratique est normée par ces documents. Nul ne se doit déclarer « réformé » qui n’est en accord avec la foi Réformée. C’est pourquoi le Synode de Dordrecht rappelait qu’il faut « juger de la foi et de la doctrine des Eglises réformées, non point d’après des calomnies ramassées ici et là, ni non plus d’après les dits particuliers de quelques Docteurs, soit anciens, soit nouveaux, assez souvent allégués en mauvaise foi, corrompus ou détournés dans un autre sens; mais seulement par les Confessions publiques des Eglises mêmes, et par cette présente explication de la doctrine orthodoxe confirmée par le consentement unanime de tous, et de chacun des membres du Synode ». 

L’adhésion à ces normes doctrinales doit être pleine et entière : pas question d’émettre des réserves sur tel ou tel article de foi. Ce n’était pas la pratique des églises Réformées du 16ème et 17ème siècle (voir ici et ). Et ça ne l’est toujours pas parmi les églises Réformées fidèles. 

La collaboration, on a suffisamment donné!

Non, je ne parle pas de la seconde Guerre Mondiale. Je parle bien plutôt de ces quelques fidèles qui demeurent au sein d’églises infidèles en pensant que, peut-être, un jour, elles reviendront de leur égarement. Outre que cette espérance soit une douce illusion démentie maintes fois par l’Histoire, j’attire l’attention des âmes de bonne volonté sur la notion de devoir qui est le leur. Un croyant Réformé ne doit pas, et ne peut pas, demeurer dans de telles institutions. Pour quelles raisons ? En voici quelques unes. 

1. Une doctrine erronée : comment un réformé confessant pourrait-il s’épanouir dans des églises qui rejettent les doctrines essentielles de la foi Chrétienne (Trinité, Incarnation…) comme on le voit si couramment au sein des paroisses de la secte démoniaque qu’est l’EPUdF ? Ou comment demeurer dans une église devenue si laxiste dans sa théologie, son culte et sa discipline, qu’elle n’a plus aucune saveur particulière (UNEPREF) ? En bref, comment demeurer dans une institution qui rejette la Confession de Foi de La Rochelle, le Catéchisme de Genève et les Canons de Dordrecht ? 

2. Un culte erroné : est-il possible à un réformé de célébrer un culte dans lequel on ne chante pas que la Parole de Dieu ? Dans lequel les instruments de musique sont en si grand nombre qu’ils feraient pâlir n’importe quel orchestre symphonique du territoire ? Est-il possible de se sentir à l’aise dans un culte dirigé par une femme ou un fidèle lambda ? 

3. Une ecclésiologie erronée : est-il possible à un réformé confessant de demeurer en une institution qui ordonne des femmes et des homosexuels au ministère de diacre, d’ancien et de pasteur ? Comment tolérer une institution composée d’autant de faux ministres, s’étant préparés dans des universités parfois libérales au possible ? 

4. Une éthique erronée : le réformé confessant saura-t-il tolérer les bénédictions de « mariages homosexuels », les divorces et remariages à la pelle, les admissions automatiques à la Table du Seigneur, la promotion de l’avortement et de la contraception, la violation du Jour du Seigneur, le rejet du Principe d’Établissement  etc. ? 

Comme nous le rappelions dans un article précédent, la membriété dans une église Réformée confessante est un devoir pour le fidèle. Ni l’EPUdF ni l’UNEPREF ne sont des églises confessantes. Pire encore, la première, ayant perdu toute trace d’église, n’est plus qu’un repaire de démons. Le choix qui s’offre aux fidèles français est donc simple : partir dans des contrées étrangères où il existe encore des églises fidèles; ou rebâtir, sur une base saine, une nouvelle église Réformée Française.

L’heure est venue d’avoir le courage de changer les choses. Les fidèles Réformés ont suffisamment sacrifié la vérité sur l’autel de « l’unité ». Et tout ça pour quoi ? Finalement, rien. Absolument rien. Les Réformés confessants ont fondu comme neige au soleil et leurs églises, qu’ils se refusaient à quitter, ont continué leur longue descente aux enfers.

Quelques pistes 

Cet article se veut un plaidoyer pour une nouvelle église Réformée en France. Voici quelques unes des pistes qui me semblent les plus intéressantes pour qu’un tel projet, Dieu voulant, puisse voir le jour. 

1. Les normes doctrinales à adopter doivent être les mêmes que celles de l’Église Historique : Confession de Foi de La Rochelle, Catéchisme de Genève (ou Heidelberg) et Canons de Dordrecht. 

2. La souscription des ministres doit être celle d’antan : aucune réserve sur aucun article de foi.

3. La Discipline d’Église : un travail pourrait être fait à partir de la Discipline qui existait avant la disparition de l’Église. Il serait cependant bon d’en réviser quelques parties un peu désuètes de nos jours et de la compléter avec les besoins qui sont les nôtres. 

Évidemment, le ministère est réservé aux hommes qui répondent aux critères de l’Écriture Sainte (1 Tm 3; Tt 1).

4. L’ordre du Culte : là encore, un travail peut être effectué à l’aide de ce qui existait déjà. Exit les instruments de musique et les cantiques non inspirés et bonjour les Psaumes! 

5. En attendant de pouvoir s’assumer et se structurer l’Église devra chercher le soutient d’églises étrangères (notamment pour la supervision des congrégations et le soutient financier des pasteurs). 

Une telle entreprise sera, sans doute, un labeur long et difficile. Mais pour l’amour de Dieu, de son Évangile et de sa Loi, elle est un devoir pour les fidèles Réformés Français. 

[1] La Foi Réformée en France, Pierre Courthial, Le texte entier est disponible ici : https://www.vbru.net/src/divers/divers/courthial_foi_reformee_en_france.htm

Une réflexion sur “Pourquoi il Faut une Nouvelle Église Réformée en France

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