Le texte qui suit est extrait de la thèse soutenue par André Sabatier à la Faculté de Théologie protestante de Montauban en janvier 1867 : Étude Historique sur l’Universalisme Hypothétique de Moyse Amyraut (pp. 42-43).

On le voit, il n’est pas besoin d’aller plus loin et de chercher les détails. Le système d’Amyraut est rempli de contradictions, et, cela, par le fait qu’il a mis à la base de sa théorie deux principes qui s’entre-choquent et s’entre-détruisent, suivant l’expression de Dumoulin. Le principe étant une contradiction, toute la théorie ne pouvait être et n’a été qu’une opposition de faits contraires. Aussi les contemporains orthodoxes d’Amyraut, formés à l’école de Calvin, rompus à la dialectique serrée du maitre, comprirent bien vite que cette manière nouvelle de défendre la prédestination, loin de la consolider, la mettait bien plutôt en danger d’être plus facilement renversée; et voilà ce qui nous explique l’ardeur de la polémique soulevée à ce sujet. Dumoulin, entre autres, se montra impitoyable. Dans son livre, intitulé Eclaircissements des controverses salmuriennes, ouvrage écrit dans un style nerveux, incisif, entraînant, Dumoulin renverse, pièce par pièce, la théorie du professeur de Saumur. C’est merveille de voir avec quelle sureté de coup d’œil il démêle les contradictions du système. On le suit avec plaisir dans ses développements, malgré l’aridité du sujet, tellement ses observations sont remplies de finesse, assaisonnées de ce sel gaulois qui ne fit jamais défaut à nos pères. 

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