Alexandre Morus (1616-1670) était pasteur dans les Églises Réformées en France. Le texte qui suit est extrait d’un sermon sur la section 26 du catéchisme de Genève.

Mais Dieu nous jugera tous. Que dis je, qu’il nous jugera, n’a-t-il pas déjà commencé de nous juger ? Nous avons bonne grâce de nous plaindre des châtiments qu’il nous envoie, comme si nous ne les avions pas attirés. Quelle en est la cause ? Nos péchés. Quels péchés ? Tous nos péchés ensemble, mais surtout la violation du Sabbat, et je l’ose assurer, et voici sur quoi je fonde cette assurance : Dieu se plait à faire voir dans la manière du châtiment, comme une image du péché qu’il châtie, il nous punit par les mêmes choses par lesquelles nous l’offensons. Le front est le siège de l’impudence, et Dieu frappa Goliath au front. Ceux de Sodome s’étaient embrasés entr’eux de flammes horribles, ils portèrent dans leur peine l’écriteau et le portrait de leur crime, et ils en furent convaincus lorsqu’ils virent descendre sur eux le feu et le souffre du Ciel. Et le Nil converti en sang, était l’image de ce même fleuve rougi de la mort de tant d’enfants innocents. Quel est le grand châtiment que Dieu déploie aujourd’hui sur nous ? N’est-ce pas la désolation de nos sanctuaires ? Et où est celui qui le voyant ne soit forcé de dire en soi-même : « O Dieu Eternel que tes jugements sont justes et véritables ! tu nous les ôtes parce que nous en abusions. Tu nous les avais donnés pour un tout autre usage que pour les profaner, et tu n’avais pas requis de nos mains que nous foulassions à nos pieds tes parvis ». Non ce n’est que le mépris du jour du Seigneur, et de sa parole, et de ses Sabbats, qui nous prive des lieux d’exercice, et des moyens de nous assembler, et il est aisé de faire nôtre horoscope : nous ne sommes ni devins, ni Prophètes mais nous voyons clair dans notre avenir. Nous vous sommes envoyés pour édifier et détruire, pour planter et déraciner; nous vous l’avons prédit et Dieu ne l’a-t-il pas fait ? Nous vous le prédisons encore et il le fera plus rudement, plus généralement qu’il n’a fait. Il vengera le mépris de sa parole et du jour qu’il s’est sanctifié par la ruine de nos tabernacles et la dissipation de nos troupeaux, nous trotterons çà et la et nôtre âme pâmée de soif criera vers lui. Quand Dieu lance sa foudre il est en colère contre ses temples, il frappe la pointe de ses clochers. Mais disons mieux qu’il est alors en colère contre les faux dévots qui profanent les temples et qui font de la maison d’oraison une caverne, non pas de brigands, leur banque n’y est pas, nous n’avons pas de quoi en dresser, mais de tigres, de vrais lions. Un loup épargne un autre loup, mais un homme est loup à un autre homme. Où sont aujourd’hui ces Chrétiens qui n’étaient qu’un coeur et qu’une âme ? Cela était bon pour vous et pour vôtre temps, ô Apôtres ; la lie de nôtre siècle n’est pas capable de ce sentiment.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s