L’Église chrétienne a rejeté la musique instrumentale dans le culte durant la plus grande partie de l’histoire de l’Église, à l’exception de deux périodes : l’âge ténébreux du Catholicisme Romain, du XIVe siècle au début du XVIe siècle (avec quelques cas isolés avant cela), et puis du XIXe siècle à maintenant. Il n’est pas exagéré de dire que l’héritage de l’Église est largement contre les instruments de musique dans le culte communautaire. Ce fait est amplement reconnu par les historiens et évident du fait que le terme a capella vient du latin, en passant par l’italien, signifiant « dans le style de l’église (chapelle) ». Le révérend Scott Clarck écrit que : « l’Église postapostolique primitive ne chantait que des chants inspirés sans accompagnement… l’Église patristique, bien que favorable à l’utilisation de la musique dans le culte, était tout à fait opposée à l’utilisation d’instruments dans le culte. » Alors que l’Église latine occidentale a introduit la musique instrumentale à la fin du Moyen Âge, les Églises orthodoxes orientales ont continué à chanter les louanges a capella, comme elles le font encore aujourd’hui. Clark continue :

« Progressivement, au cours des mille ans qui ont précédé la Réformation, l’Église médiévale a rétabli progressivement des aspects du culte cérémoniel mosaïque, incluant l’introduction des instruments de musique qui avaient été supprimés dans les Églises jusqu’au Xe siècle. Leur réintroduction a été très controversée… l’introduction des instruments dans le culte a accompagné la montée du système sacerdotal dans le culte médiéval. La Réformation se voyait elle-même comme non seulement recouvrant le modèle biblique du culte, mais encore la pratique de l’Église postapostolique primitive. La réforme du culte s’est faite par étapes. La première étape de la réforme du culte a établi le principe formel de la Réformation : sola scriptura. Les Églises réformées ont appliqué le principe de l’Écriture de la manière la plus complète à la pratique du culte. »[1]

Charles Spurgeon soulignait que les instruments de musique ont été « rejetés et condamnés par toute l’armée des théologiens protestants »[2] à partir de la Réformation, à l’exception des luthériens et de nombreux anglicans qui rejettent le principe régulateur du culte. Et ce fut la pratique courante jusqu’au XIXe siècle.

Si le témoignage dominant de l’Église chrétienne est contre les instruments dans le culte, nous devrions être très prudents avant de rejeter sans critique ce point de vue et de penser qu’au contraire, la pratique moderne est plus fidèle. Surtout si l’on considère comment et pourquoi les instruments ont été réintroduits, comme l’affirme Clark : « Lorsque l’usage des instruments de musique a été réintroduit dans les Églises réformées, ce n’était pas sur la base d’une exégèse, d’un principe, ou d’une confession, bibliques, mais sur la base de l’opportunisme et du pragmatisme. »[3] Nous citerons ci-dessous de nombreux exemples précis tirés de l’histoire de l’Église.

Bien que la doctrine ou la pratique connue de l’Église primitive ne soit pas une base suffisante sur laquelle construire notre doctrine et notre pratique, l’histoire accessible de l’Église primitive à propos de la musique instrumentale est un témoin solide qui devrait nous arrêter lorsque nous abordons ce sujet. Bien que nous devions être très prudents dans notre utilisation des Pères de l’Église ancienne, la condamnation de l’usage des instruments de musique dans le culte communautaire est véritablement un sentiment omniprésent et universel parmi eux. Et ce pour trois raisons principales, comme l’a écrit John Price :

« 1) Ils croyaient que les instruments de musique et les autres cérémonies du Temple de l’Ancien Testament étaient caractéristiques de l’Église dans son enfance, mais que maintenant, avec la venue du Christ, l’Église avait atteint sa maturité et qu’ils ne devaient plus être utilisés ; 2) Ils croyaient que les nombreuses références aux instruments de musique dans l’Ancien Testament devaient être interprétées de manière figurative ; et 3) Ils considéraient que les instruments de musique étaient associés aux cultes païens et aux pratiques immorales. Cette dernière objection semble avoir été la plus courante chez les Pères de l’Église et avoir amené nombre d’entre eux à rejeter l’usage des instruments de musique, non seulement dans le culte public, mais aussi en privé. »[4]

Cet article se contentera de citer, avec peu ou pas de commentaires, les témoins de l’Église à travers les siècles contre la musique instrumentale. Nous ne chercherons pas à faire plus que présenter le matériel historique que nous avons trouvé concernant la musique instrumentale dans le culte public de l’Église. Même si nous n’approuvons pas entièrement toutes les méthodes d’interprétation ou les raisons invoquées par ces témoins, ces citations démontrent l’unanimité et la véhémence de leur antagonisme contre la musique instrumentale dans le culte. Tout en considérant la nuée de témoins, Price supplie les lecteurs de se rappeler les principes fondamentaux du culte a capella :

« 1) Le culte du Temple de l’Ancien Testament, dans toutes ses cérémonies et rituels extérieurs, a été aboli. 2) Nous devons nous tourner uniquement vers le Christ et ses apôtres pour le culte de l’Église. 3) En l’absence de commandement, d’exemple ou de toute autre indication du Seigneur Jésus indiquant qu’il souhaite que des instruments de musique soient utilisés dans son Église, nous n’avons aucune autorité pour leur usage. Bien que nous ne trouvions pas ces principes énoncés dans ces mêmes mots, il deviendra clair qu’ils se trouvent à l’arrière-plan et constituent souvent la base théologique du rejet des instruments de musique par les Pères de l’Église. »[5]

CITATIONS HISTORIQUES

PSEUDO-JUSTIN

L’usage du chant avec la musique instrumentale n’était pas reçu dans les Églises chrétiennes, comme il l’était chez les Juifs dans leur condition infantile, mais seulement l’usage du pur chant.

(Pseudo-Justin, cité dans Bingham, Antiquities of the Christian Church, vol. 1, p. 189).

Le pur chant n’est pas puéril, mais seulement le chant avec des orgues sans vie, avec des danses et des cymbales, etc. D’où que l’usage de ces instruments, et d’autres choses convenant aux enfants, est abandonné et seul le pur chant maintenu.

(Pseudo-Justin, Resp. ad Orthodox, p. 107).

CLÉMENT D’ALEXANDRIE (ENV. 150-215)

Nous devons employer les instruments de musique à chanter les louanges de Dieu. « Faites retentir ses louanges, nous dit l’Esprit saint, au son de la trompette, sur la lyre et sur la harpe. Chantez-le en chœur, au bruit des tambours ; chantez-le sur l’orgue et sur tous les instruments à corde ; que l’air résonne du bruit de vos cymbales. Louez le Seigneur. »

Ces instruments dont parle l’Esprit saint, ce sont la bouche, le cœur, les lèvres et l’esprit de l’homme, car l’homme est un instrument vraiment pacifique. Mais voulez-vous approfondir davantage cette matière, vous trouverez des instruments guerriers qui enflamment les passions, qui allument l’amour, qui irritent et font jaillir la colère. Les Étrusques, dans leurs guerres, emploient la trompette ; les Arcadiens, la flûte ; les Siliciens, une sorte d’instrument qu’ils appellent pectis ; les Crétois, la lyre ; les Spartiates, la flûte ; les Thraces, la trompe ; les Égyptiens, le tambour ; les Arabes, la cymbale. Les Chrétiens n’ont qu’un instrument, qui est le Verbe pacifique que nous offrons à Dieu pour l’honorer, ne nous servons plus de harpe, de trompette, de tambour et de flûte, comme avaient coutume de le faire les peuples avides de guerre et de sang, qui méprisèrent la crainte de Dieu et se réunirent en tumultueuses assemblées, n’épargnant ni soin ni harangues pour exciter leur fureur, ou la rallumer quand elle s’éteignait.

Une douce bienveillance doit nous animer dans le festin. Si vous aimez le Seigneur votre Dieu et votre prochain comme vous-mêmes, vous louerez Dieu d’abord, et lui rendrez des actions de grâces, ensuite vous vous montrerez doux et aimable envers votre prochain. « Que la parole de Dieu Jésus-Christ demeure en vous avec plénitude, » nous dit l’apôtre. Cette parole s’accommode et se rend conforme aux temps, aux lieux, aux personnes, et maintenant même elle converse dans les festins. « Instruisez-vous, ajoute l’apôtre, et exhortez-vous les uns les autres par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant de cœur, avec édification, les louanges de Dieu. Quelque chose que vous fassiez, soit en parlant ou agissant, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par lui à Dieu le Père. » Tels doivent être nos festins, pleins de grâces et d’une joie sainte. Si vous savez jouer du luth ou de la harpe, vous le pourrez faire sans mériter de reproche ; car vous imiterez ainsi ce saint roi des Hébreux, si agréable et si cher à Dieu. « Justes, nous dit ce saint prophète, célébrez le Seigneur dans des transports de joie. C’est aux cœurs droits de chanter ses louanges. Chantez le Seigneur sur vos harpes ; célébrez le Seigneur sur la lyre à dix cordes. Chantez à sa gloire un cantique nouveau. » Ce nombre dix, qui est le principe de tous les nombres, ne prouve-t-il pas que cet instrument est la figure du Verbe ? (Clément d’Alexandrie, Œuvres choisies, Le pédagogue, p. 109-111)

ORIGÈNE (env. 185-254)

La kithara [lyre] est l’âme active mue par les commandements de Dieu, le psalterion [harpe] est l’esprit pur mû par la connaissance spirituelle. Les instruments de musique de l’ancienne alliance, compris spirituellement, s’appliquent à nous. La kithara, au sens figuratif, est le corps, le psalterion l’esprit. Ceux-ci sont accordés pour l’homme sage qui utilise les membres du corps et les pouvoirs de l’âme comme des cordes. Celui qui fait de la mélodie [psallon] avec l’esprit fait bien de la mélodie [psallei], en prononçant des chants spirituels et en chantant à Dieu dans son cœur [Eph. 5:19]. »

(Origène, sur Psaume 33:2, Patrologia Graeca 12:1304 B-C).

Ceux qui mettent à mort leurs membres sur la terre et portent les principautés, et les puissances, à la croix pour être crucifiés avec le Christ font une mélodie [psallousi] sur le tambourin à Dieu. Ceux qui sont entiers et harmonieux le font sur le psalterion, l’esprit.

(Origène, sur Psaume 149:3, Patrologia Graeca 12:1680C).

LITTÉRATURE PSEUDO-CLÉMENTINE

Mais avec le temps, le culte de Dieu et la justice furent corrompus par les incrédules et les méchants, comme nous le montrerons plus amplement par la suite. De plus, des religions perverses et erratiques furent introduites, auxquelles la plupart des hommes se livrèrent, à l’occasion de fêtes et de solennités, en instituant des beuveries et des banquets, en s’adonnant aux chalumeaux, aux flûtes, et aux harpes, et à diverses sortes d’instruments de musique, et en se livrant à toutes sortes d’ivrogneries et de luxes. Ainsi toutes sortes d’erreurs ont pris leur essor.

(Pseudo-Clément, Recognitions of Clement IV.xiii; ANF 8, p. 137).

EUSEBE DE CESARÉE (236-339)

Autrefois, à l’époque où les circoncis rendaient un culte avec des symboles et des types, il n’était pas inapproprié d’adresser des hymnes à Dieu avec le psaltérion et la cithare, et de le faire les jours de sabbat… Mais nous, nous gardons intérieurement la part du Juif, selon la parole de l’apôtre… (Rom. 2:28s) Nous rendons notre hymne avec un psaltérion vivant et une cithare vivante avec des chants spirituels. Les voix à l’unisson des chrétiens seraient plus acceptables pour Dieu que n’importe quel instrument de musique. Par conséquent, dans toutes les Églises de Dieu, unies par l’âme et l’attitude, par un même esprit et par l’accord de la foi et de la piété, nous faisons monter une mélodie à l’unisson avec les paroles des Psaumes. Nous avons l’habitude d’employer de telles psalmodies et de telles cithares spirituelles parce que l’apôtre l’enseigne en disant : « en psaumes, en odes et en hymnes spirituels. » [Ephésiens 5 :19] Sinon, la cithare pourrait être le corps tout entier, dont les mouvements et les actions permettent à l’âme de rendre à Dieu un hymne approprié. Le psaltérion à dix cordes pourrait être le culte rendu par le Saint-Esprit à travers les cinq sens du corps (qui correspondent aux cinq pouvoirs de l’âme).

(Eusèbe de Césarée, Commentaires sur les Psaumes, 91:2-3, Patrologia Graeca 23:1172D-1173A)

ATHANASE

« Louez-le au son de la trompette », par sa prédication. « Louez-le avec le psalterion et la kithara« . Louez-le par la grâce du Saint-Esprit avec le cœur, la langue et vos lèvres. « Louez-le avec le tambourin et la danse ». Louez-le en mettant à mort votre corps tout entier. « Louez-le avec des cordes et un orgue. » Les cordes, je pense, sont les nerfs. Quand celles-ci sont mortes, et attachées à un certain morceau de bois, et jouées par un musicien, elles produisent un son. L’orgue, ce sont des tuyaux qui sont réunis et partagent entre eux la mélodie soufflée par le souffle lorsque quelqu’un joue dessus. Louez-le donc dans les commandements légers et les durs, dans les choses qui manquent par la mortification du corps et dans l’amour qui s’opère par le Saint Esprit… « Louez-le avec des cymbales agréables. » Louez-le avec les lèvres de votre corps.

(Athanase, Sur le titre du psaume 150, Patrologia Graeca 27:1341B-D).

GRÉGOIRE DE NAZIANZE (329-390)

Grégoire de Nazianze, Oraison V, Contre Julien II, parle des choses que les chrétiens ont en contraste avec les pratiques païennes et dit :

« Prenons des hymnes au lieu des tambours, la psalmodie au lieu des danses et des chants obscènes, l’acclamation reconnaissante au lieu des applaudissements théâtraux… » (Patrologia Graeca 35:709B). Son Épître 232 (193) s’oppose à ce que, lors des mariages, « les évêques se mêlent aux rires, les prières aux applaudissements, et la psalmodie à l’accompagnement instrumental » (Patrologia Graeca 37:376A).

(Everett Ferguson, A Cappella Music in the Public Worship of the Church).

NICÉTAS DE RÉMÉSIANA (335-414)

Il est temps de se tourner vers le Nouveau Testament pour confirmer ce qui est dit dans l’Ancien, et, en particulier, pour faire remarquer que l’office de la psalmodie ne doit pas être considéré comme aboli simplement parce que beaucoup d’autres pratiques de l’ancienne loi sont tombées en désuétude. Seules les institutions corporelles ont été rejetées, comme la circoncision, le sabbat, les sacrifices, la discrimination dans les aliments. Il en va de même pour les trompettes, les harpes, les cymbales et les tambours. Pour le son de ceux-ci, nous avons maintenant un meilleur substitut dans la musique produite par la bouche des hommes. Les ablutions quotidiennes, les observations de la nouvelle lune, l’inspection minutieuse de la lèpre sont complètement passées et disparues, ainsi que tout ce qui n’était nécessaire que pour un temps – pour ainsi dire, pour les enfants. Bien sûr, ce qui était spirituel dans l’Ancien Testament, par exemple, la foi, la piété, la prière, le jeûne, la patience, la chasteté, le chant des psaumes, tout cela a été augmenté dans le Nouveau Testament plutôt que diminué. »

(Nicétas de Rémésiana, On the Utility of Hymn Singing, Fathers of the Church, vol. 7, p. 71).

AMBROISE DE MILAN (ENV. 340-397)

C’est pourquoi il est dit à juste titre : « Malheur à ceux qui se lèvent tôt le matin et suivent les boissons fortes », alors qu’ils devraient être en train de louer Dieu ; pour cela, ils devraient se lever avant l’aube et courir à la rencontre du Soleil de justice, qui visite les siens et se lève sur nous, si nous nous sommes levés pour le Christ, et non pour le vin et le luxe. Ils chantent des hymnes ; allez-vous vous accrocher à votre harpe ? Ils chantent des psaumes ; que faites-vous d’un psaltérion et d’un tambour ? Malheur à vous pour avoir abandonné votre salut et choisi la mort.

(Ambroise de Milan, Patrologia Latina 14:717).

JÉRÔME (347-420)

Jérôme définit le mot cantare dans l’Écriture comme « chanter méditativement, c’est-à-dire réfléchir au mystère et au sens de l’Écriture divine. Psallere, cependant, implique le chant de la louange à Dieu à travers une bonne œuvre : par exemple, que le sens de l’ouïe offre son service, et de même la bouche, et les yeux, et les mains, tous les membres du corps s’harmonisent, pour ainsi dire, et pincent ainsi les accords du psaltérion dans des actes nobles. »

(Jérôme, Homily 7 On Psalm 67 [68], Homilies of St. Jerome, vol. 1, p. 51).

« Avec un instrument à dix cordes et une lyre, avec une mélodie sur la harpe », je vais paraphraser cela en langage simple : Chaque fois que nous élevons des mains pures dans la prière, sans distractions délibérées ni disputes, nous jouons au Seigneur avec un instrument à dix cordes… Notre corps, notre âme et notre esprit – notre harpe – sont tous en harmonie, toutes leurs cordes sont accordées.

(Jérôme, Homily On Psalm 91 [92], ibid., p. 166).

AUGUSTIN D’HIPPONE (354-430)

« Louez le Seigneur sur la harpe, chantez-lui des hymnes sur le psaltérion à dix cordes ». C’est ce que nous chantions tout à l’heure, c’est la leçon que nous donnions à vos cœurs en unissant nos voix. Mais en établissant ces saintes veilles au nom du Christ, n’a-t-on point banni les harpes de ce lieu ? Et voici qu’on leur enjoint de se faire entendre : « Chantez », nous dit-on, « chantez au Seigneur sur la harpe, et sur le psaltérion à dix cordes ». N’arrêtez point vos pensées sur les musiques de théâtre.

(Augustin, Deuxième discours sur le psaume 32 [33])

Augustin a appliqué allégoriquement les allusions à la musique instrumentale dans les Psaumes aux bonnes œuvres des chrétiens : « « Chantez le Seigneur sur vos harpes. » Chantez le Seigneur, en lui faisant de vos corps une hostie vivante. « Bénissez-le sur le psaltérion à dix cordes ». Que tous vos membres servent à l’amour de Dieu et du prochain, ou à l’accomplissement des trois préceptes de la première table, et des sept préceptes de la seconde. »

(Augustin, Premier discours sur le psaume 32 [33])

Au psaume 92, le psaltérion à dix cordes correspond aux dix commandements, le « chant » et la « harpe » sont les paroles et les actes : « Te contenter du chant, c’est la parole mais sans luth ; agir sans chanter, c’est n’avoir que la guitare. Donc, et parle bien, et agis bien, si tu veux avoir des chants avec le luth. »

(Augustin, Discours sur le psaume 91 [92])

« Qu’est-ce que chanter les louanges de Dieu sur la harpe, et sur le psaltérion ?… Aussi, quand nous agissons selon les préceptes du Seigneur, avec l’intention de lui obéir et d’accomplir ses préceptes, si nos œuvres ne sont le fruit d’aucune peine, c’est là chanter sur le psaltérion. C’est l’œuvre des anges, qui sont supérieurs aux souffrances. Mais quand nous devons lutter ici-bas contre la douleur, la tentation, le scandale, comme nous ne souffrons que dans la partie inférieure de l’âme, c’est-à-dire à cause de notre condition mortelle, et parce que notre origine première nous a soumis à la peine, et que ces nombreuses tribulations ne viennent point d’en haut, c’est là chanter sur la harpe. Car alors c’est d’en bas que s’exhale cette harmonie suave. Nous souffrons et nous chantons sur le psaltérion, ou plutôt, nous chantons et nous jouons de la harpe. »

(Augustin, Discours sur le psaume 42 [43])

THÉODORET DE CYR (Env. 393-457)

« Louez-le avec le psaltérion et la harpe… » Ces instruments, les Lévites les utilisaient autrefois pour louer Dieu dans le Temple. Ce n’était pas parce que Dieu appréciait leur sonorité, mais parce qu’il acceptait le but de leur culte. En effet, pour montrer que Dieu ne prend pas plaisir aux chants ni aux notes des instruments, nous l’entendons dire aux Juifs : « Ôte de moi le bruit de tes chants, car je ne veux pas entendre la mélodie de tes instruments » (Amos 5:23). Il a permis ces choses pour la raison qu’il voulait les libérer de la tromperie des idoles. En effet, comme certains d’entre eux aimaient le jeu et le rire, et que toutes ces choses se faisaient dans les temples des idoles, il a permis ces choses afin de les inciter. Il s’est servi du moindre mal pour interdire le plus grand, et il s’est servi de ce qui était imparfait pour enseigner ce qui était parfait.

(Théodoret de Cyr, sur le psaume 150:4, Patrologia Graeca 80:1996).

Ce ne fut donc pas par besoin de victimes ou par envie d’odeurs que Dieu leur commanda de sacrifier, mais pour qu’il puisse guérir les souffrances de ceux qui étaient malades. De même, il permit l’usage de la musique instrumentale, non qu’il fût ravi de l’harmonie, mais pour qu’il puisse mettre peu à peu fin à la tromperie des idoles. En effet, s’il leur avait proposé des lois parfaites immédiatement après leur délivrance d’Égypte, ils auraient été rebelles et éloignés de la bride, et ils se seraient empressés de retourner à leur ancienne ruine.

(Théodoret de Cyr, On the Healing of Greek Afflictions 7.16, Patrologia Graeca 83:997B)

Q. : Si les chants ont été inventés par les incroyants dans le dessein de tromper, et qu’ils étaient établis pour ceux qui étaient sous la loi, à cause de la puérilité de leur esprit, pourquoi ceux qui ont reçu les parfaites instructions de la grâce, qui sont tout à fait contraires aux coutumes susmentionnées, chantent-ils néanmoins dans les Églises comme ceux qui étaient enfants sous la loi ?

R. : Le pur chant n’est pas puéril, mais seulement le chant avec des orgues sans vie, avec des danses et des cymbales, etc. D’où que l’usage de ces instruments, et d’autres choses convenant aux enfants, est abandonné et seul le pur chant maintenu.

(Théodoret de Cyr, Quaestiones et Responsiones ad Orthodoxos 107, Patrologia Graeca 6.1353).

ÉVAGRE LE PONTIQUE (346-399)

Louez le Seigneur sur la cithare, chantez-lui sur le psaltérion à dix cordes, etc. La cithare est l’âme pratique mise en mouvement par les commandements de Dieu ; le psaltérion est l’esprit pur mis en mouvement par la connaissance spirituelle. Les instruments de musique de l’Ancien Testament ne nous sont pas inadaptés s’ils sont compris spirituellement ; au sens figuratif, on peut appeler le corps une cithare et l’âme un psaltérion, qui sont comparés musicalement à l’homme sage qui emploie à bon escient les membres du corps et les forces de l’âme comme des cordes. Il est doux celui qui chante dans son esprit, proférant des chants spirituels, chantant à Dieu dans son cœur.

(Évagre le Pontique, Psaume 32.2-3, Patrologia Graeca 12.1304).

JEAN CHRYSOSTOME (347-407)

Si vous entrez avec tout cela dans le saint chœur de Dieu, vous serez dignes d’y figurer auprès de David même. Point n’est besoin ici de harpe ni de cordes tendues, ni d’archet, ni d’art, ni d’aucun instrument : ou si vous voulez, c’est de vous-même que vous ferez une harpe, en mortifiant vos membres charnels, et en mettant votre corps dans une grande harmonie avec votre âme. Car lorsque la chair n’a point de désirs contraires à l’esprit, mais qu’elle cède à ses commandements, lorsque vous la dirigez jusqu’au bout vers la voie excellente et surnaturelle, vous produisez alors une harmonie spirituelle. Il n’est ici nul besoin d’un art longtemps perfectionné ; il ne faut qu’une intention généreuse, et en un court instant l’habileté nous viendra. Tout cela n’exige ni un certain lieu ni un certain laps de temps ; en tout lieu, en toute circonstance il est possible de chanter les psaumes par la pensée. Même en vous promenant sur la place publique ou en passant dans les rues, même dans la société de vos amis, vous pouvez élever votre âme, vous pouvez vous écrier tout en gardant le silence. C’est ainsi que s’écriait Moïse, et Dieu l’écouta. (Exod. XIV, 15.) Êtes-vous artisan ? Il vous est possible de chanter les psaumes, étant assis dans votre atelier, et tout en travaillant. Êtes-vous soldat ? Vous pouvez en faire autant pendant que vous êtes de service au tribunal. On peut donc chanter les psaumes sans faire usage de sa voix, c’est la pensée qui retentit au dedans de nous. Car ce n’est pas pour les hommes que nous chantons les psaumes, mais pour Dieu qui sait entendre nos cœurs et pénétrer dans le secret de nos pensées.

(Jean Chrysostome, Explication du psaume XLI [42])

Pour moi, je dirai que ces peuples se servaient anciennement de ces instruments, parce qu’ils avaient l’esprit lourd, qu’il y avait peu de temps qu’on les avait arrachés aux idoles ; et, de même que Dieu leur permit les sacrifices, de même il leur laissa ces instruments, pour s’accommoder à leur faiblesse. Donc, ce qu’il réclame d’eux ici, c’est de chanter avec joie ; voilà en effet ce que signifient ces paroles : « Qu’ils louent son nom par des concerts. »

(Jean Chrysostome, Explication du psaume CXLIX)

De même qu’il ordonne aux Juifs de louer Dieu par tous les instruments, de même il nous prescrit, à nous, de le louer par tous nos membres : par nos yeux, par notre langue, par nos oreilles et par nos mains ; ce que Paul, de son côté, exprime ainsi : « Offrez vos corps comme une hostie vivante, sainte, agréable à Dieu, pour lui rendre un culte raisonnable. » (Rom. XII, 1.) … Maintenant, ces instruments dont nous avons parlé, furent permis aux Juifs, à cause de la faiblesse de leur esprit ; on voulait les maintenir dans la charité, dans la concorde, les exciter à faire avec ardeur ce qui leur procurerait le salut. Dieu voulait, en leur permettant les plaisirs de ce genre, les amener à des désirs plus élevés. Dieu comprenait combien ces Juifs étaient grossiers, lâches, déchus, et il voulait les réveiller, les consoler de l’assiduité qu’il leur demandait, par les douceurs de la mélodie.

(Jean Chrysostome, Explication du psaume CL)

ISIDORE DE PÉLUSE (ENV. 370-449)

Si Dieu permit des sacrifices sanglants à cause de la puérilité des hommes, pourquoi vous étonnez-vous si également la musique de la kithara et du psalterion fut jouée ?

(Isidore de Péluse, Épîtres II.176, Patrologia Graeca 78:628C).

CONSTITUTIONS APOSTOLIQUES (375)

Si quelqu’un, appartenant au théâtre, vient au mystère de la piété, en jouant de la flûte, du luth ou de la harpe, qu’il laisse tomber cela, ou qu’il soit rejeté.

(Constitutions apostoliques 8.32, ANF 7, p. 495).

CONCILE DE CARTHAGE

Suicer « cite un canon d’un des Conciles de Carthage à cet effet : « Le jour du Seigneur, que tous les instruments de musique se taisent » ; et il remarque que peu de personnes de son temps étaient favorables à l’usage des instruments dans l’Église.

(Girardeau, ibid., p. 49, citant Johann Kaspar Suicer, Ecclesiastical Dictionary, sur le mot “oργανον”, p. 501)

HÉSYCHIOS DE JÉRUSALEM (Mort en 450)

L’Église promet maintenant d’offrir non seulement la louange qu’elle a en commun avec la création physique, mais encore de rendre gloire par le chant, c’est-à-dire d’offrir l’hymnodie spirituelle et intellectuelle. Il s’agit de chanter proprement à Dieu… La louange rationnelle [λογικὴν] plaît davantage à Dieu que le culte conforme à la loi.

(Fragments sur les Psaumes 98:30, 31, Patrologia Graeca 93:1232C).

CASSIODORE (485-585)

Quelle merveilleuse beauté s’écoule d’eux [les Psaumes] dans notre chant. Ils rivalisent avec le doux son de l’orgue avec des voix humaines, ils restituent le son de la trompette avec des cris puissants, ils construisent une kithara vocale en assemblant des cordes vivantes, et tout ce que les instruments semblaient faire autrefois, peut maintenant être constaté et démontré chez des êtres rationnels.

(Cassiodore, Expositio Psalmorum).

AMALAIRE DE METZ (780-850)

Nos propres chantres ne tiennent ni cymbales, ni lyre, ni cithare, ni aucune autre sorte d’instrument de musique dans leurs mains, mais plutôt dans leur cœur. Car dans la mesure où le cœur est supérieur au corps, ce qui se passe dans le cœur manifeste mieux la dévotion à Dieu, que ce qui se fait par le corps. Ces mêmes chantres sont la trompette, ils sont le psaltérion, ils sont la cithare, ils sont le tympane, ils sont le chœur, ils sont les cordes et le corps de l’instrument, ils sont les cymbales. Aussi Augustin dit-il du dernier psaume dans son livre sur les Psaumes…

(Amalaire de Metz, De Ecclesiasticis Officiis, Libri IV).

MIDRASH TEHILLIM (900-1000) – JUIF

Les rabbins ont exprimé clairement l’idée que la musique vocale était supérieure à la musique instrumentale. « Le Saint, béni soit-Il, leur dira : Même si vous me louez avec des psaltérions et des harpes, votre louange ne m’est pas agréable tant qu’elle ne sort pas de vos bouches » (Midrash Tehillim, sur les Psaumes 149:5). Et encore : « Le Saint, béni soit-Il, dit : Je ne désire pas d’Israël une musique de harpe, mais la parole solennelle de sa bouche » (Midrash Tehillim, sur les Psaumes 92:7).

(Everett Ferguson, A Cappella Music in the Public Worship of the Church).

THOMAS D’AQUIN (1225-1274)

Sous l’ancienne loi on louait Dieu avec des instruments de musique et des voix humaines, selon ce verset du Psaume (33, 2) : « Louez le Seigneur sur la cithare, jouez pour lui sur la harpe à dix cordes, chantez-lui un cantique nouveau ! » Or l’Église a abandonné l’usage des instruments, comme la cithare et la harpe, pour ne pas paraître imiter le judaïsme…

Les instruments de musique de ce genre, en effet, touchent l’âme par des émotions agréables plus qu’ils ne forment en elle de bonnes dispositions intérieures. Dans l’Ancien Testament, on en faisait usage à un double titre. Le peuple étant plus endurci et charnel, il fallait le toucher par ce moyen, comme par la promesse de biens terrestres. D’autre part ces instruments matériels avaient un sens figuratif.

(Thomas d’Aquin, Somme théologique, II.ii.2, xci., A. ii)

CARDINAL CAJETAN (1469-1534) – CATHOLIQUE ROMAIN

Se référant aux remarques de Thomas d’Aquin sur les instruments de musique, le cardinal Cajetan fait ce commentaire : « Il est à remarquer que l’Église n’utilisait pas d’orgues au temps de Thomas. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, l’Église de Rome ne les utilise pas en présence du pape. Et en vérité, il apparaîtra que les instruments de musique ne doivent pas être supportés dans les offices ecclésiastiques, quand nous nous réunissons pour les accomplir, afin de recevoir l’instruction interne de Dieu ; et d’autant plus qu’ils doivent être exclus, parce que la discipline interne de Dieu dépasse toutes les disciplines humaines, qui rejetaient ce genre d’instruments. »

(Thomas Ridgley, Body of Divinity, vol. 4, p. 87, citant cardinal Cajetan, Cit. Hottm. Lex. voce Musica).

ÉRASME DE ROTTERDAM (1466-1536) – CATHOLIQUE ROMAIN

Érasme, déplorant la musique instrumentale dans l’Église, écrivit : « Nous avons introduit dans nos églises une certaine musique d’opéra et de théâtre ; un bavardage confus et désordonné de quelques mots, tel que je ne pense pas qu’il n’y en ait jamais eu dans aucun des théâtres grecs ou romains. L’église résonne du bruit des trompettes, des cornemuses et des dulcimers, et les voix humaines s’efforcent d’y prendre part. Les hommes courent à l’église comme au théâtre, pour se faire chatouiller les oreilles. Et à cette fin, on engage des facteurs d’orgues avec de gros salaires, et une compagnie de garçons, qui perdent tout leur temps à apprendre ces sons aigus. »

(Érasme, Commentary on 1 Cor. 14:19).

Je ne mets pas en doute que ce genre de musique faisait partie de la pédagogie légale. Dans le culte solennel de Dieu, je ne le juge pas plus convenable que si nous devions remettre en usage l’encens, les cierges et les autres ombres de la loi. Je le répète, aller au-delà de ce qui nous est enseigné est une perversité des plus méchantes.

(William Ames citant Érasme, A Fresh Suit Against Human Ceremonies in God’s Worship, p. 405-6).

ANDREAS BODENSTEIN VON CARLSTADT (1480-1541) – LUTHÉRIEN

Andreas Bodenstein von Carlstadt (1480-1541), condamné comme hérétique en 1520 avec Martin Luther, écrivit une « Disputation sur le chant grégorien » dans laquelle il critiqua non seulement le chant grégorien, « parce qu’il était devenu un marmonnement inintelligible de mots » (John Price, Old Light on New Worship, p. 88), et était donc non édifiant, mais aussi la musique instrumentale dans le culte public. Il affirmait que « la concentration nécessaire pour jouer d’un instrument de musique rendait l’adoration de l’instrumentiste psychologiquement impossible » (Price, ibid., p. 88). Il écrivit également :

« Au motif qu’il constitue partout une entrave à la dévotion, nous rejetons complètement de l’église le chant mesuré. Par conséquent, avec lui et l’orgue, nous reléguons les trompettes et les flûtes au théâtre des divertissements et aux salles des princes. » (cité dans Charles Garside, Zwingli and the Arts, p. 46).

Carlstadt mit en œuvre de nombreuses réformes du culte en l’absence de Luther, mais elles furent finalement si impopulaires à Wittenberg qu’elles furent renversées.

PIERRE MARTYR VERMIGLI (1499-1562)

La musique d’orgue fait partie des cérémonies juives et ne nous concerne pas plus que la circoncision.

(Pierre Martyr Vermigli cité dans Ames, A Fresh Suit Against Human Ceremonies in God’s Worship, p. 405).

HEINRICH BULLINGER (1504-1575)

Comme ils ne sont pas non plus en accord avec l’enseignement de l’apôtre dans 1 Corinthiens 14, les orgues de la grande cathédrale de Zurich ont été démolis le 9 décembre de cette année 1527.

(Heinrich Bullinger, Reformationsgechichte, vol. 1, p. 418).

JEAN CALVIN (1509-1564)

Il n’y a point de doute qu’en ce verset il [David] exprime la véhémente et ardente affection que doivent avoir les fidèles à louer Dieu, en exhortant qu’on fasse servir à cet usage les instruments de musique. Car il veut que les fidèles n’omettent rien de ce qui peut enflammer les cœurs des hommes, et émouvoir leurs sens à chanter les louanges de Dieu. Car maintenant soit qu’à parler proprement il n’y ait que la voix distincte et intelligible qui célèbre le nom de Dieu et le loue, toutefois ce n’est point en vain qu’il a ajouté ces aides, par lesquelles les fidèles ont accoutumé de s’inciter davantage à une telle œuvre : mêmement considéré qu’il parle au peuple ancien. Car il faut entendre qu’il y a différence, afin que nous ne tirions pas en conséquence pour nous toutes les façons de faire qui ont été anciennement commandées aux Juifs. Et quant à moi, je ne doute point que jouer des cymbales, toucher la harpe et la viole, et toutes ces sortes de musique desquelles il sera souvent fait mention dans les Psaumes, n’aient été une partie de la pédagogie, c’est-à-dire instruction puérile de la loi : je dis en tant qu’on en usait au service solennel qui se faisait au Temple. Car je confesse qu’encore aujourd’hui, quand les fidèles se réjouissent d’instruments de musique, ils doivent avoir ce but de conjoindre les louanges de Dieu avec leur réjouissance : mais quand ils font leurs saintes assemblées ecclésiastiques, je dis que pour chanter les louanges de Dieu, de remettre en usage les instruments de musique cela ne conviendrait non plus que de faire encensements, dresser luminaires, et ramener les autres ombres de la loi. Et pourtant les papistes ont fait follement et sans raison d’emprunter des Juifs cette façon de faire, comme plusieurs autres choses. Vrai est que les gens adonnés à pompes externes prennent plaisir à ouïr ce bruit d’instruments : mais Dieu approuve plus la simplicité, laquelle il nous recommande par son apôtre. Car saint Paul ne permet point de bénir Dieu en l’assemblée publique des fidèles en langage qui ne soit entendu de la compagnie (1 Cor. XIV, 2, 16). Certes la voix de l’homme, encore qu’elle ne soit pas entendue du commun, est bien plus excellente que tous les instruments de musique, qui sont choses mortes : et néanmoins nous voyons ce que saint Paul en détermine.

(Jean Calvin, Psaume 33:2, Commentaires sur le livre des psaumes, tome I)

Dans les noms, pour lesquels nous avons tourné orgues et harpe, il fait une allusion à une coutume reçue de ce temps-là. Et de fait, il ne faut douter que de chanter les louanges de Dieu sur la harpe et les orgues, n’ait été une partie de la pédagogie et exercice de la loi, et du service de Dieu enveloppé sous les ombres et figures de celle-ci. Il parle de l’action de grâces qui se faisait publiquement : car combien qu’il ne nous soit point défendu d’user particulièrement d’instruments de musique, toutefois ils sont rejetés des temples par le commandement manifeste du Saint-Esprit, quand saint Paul ne permet point de louer ou prier Dieu qu’en langue connue.

(Jean Calvin, Psaume 71:22, Commentaires sur le livre des psaumes, tome II)

Quant au tambour, la harpe, et le psaltérion, nous avons dit ailleurs, et faudra encore dire ci-après, que ce n’est point sans propos que les Lévites ont usé sous la loi d’instruments de musique : parce que Dieu a voulu enseigner jusqu’à la venue de Jésus-Christ par tels rudiments son peuple qui était encore tendre et semblable à de petits enfants. Maintenant que la clarté de l’Évangile, ayant fait écarter les ombres de la loi, nous montre qu’il nous faut servir Dieu d’une façon plus simple, ce serait sottise de vouloir ensuivre ce que le prophète n’a commandé sinon à ceux de son temps. Dont il apparaît que les papistes ont été de vrais singes quand ils ont pris cela pour eux.

(Jean Calvin, Psaume 81:3, Commentaires sur le livre des psaumes, tome II)

Au quatrième verset il s’adresse proprement aux Lévites, lesquels avaient la charge de chanter, afin qu’ils mettent en avant les instruments de musique : non pas que cela de soi fût nécessaire, mais parce que c’était un rudiment fort utile au peuple ancien. Car aussi Dieu n’a point voulu qu’on jouât de la harpe, comme si à la façon des hommes il prenait plaisir en la mélodie : mais pour autant que le temps de l’âge parfait n’était pas encore venu, il a entretenu les Juifs sous ces éléments puérils. Or la fin était qu’en rejetant là toute nonchalance, ils se préparassent plus allégrement à louer Dieu de tout leur cœur. Car il faut bien retenir ceci, à savoir que jamais le service de Dieu n’a consisté en ces choses externes : mais que ceux qui étaient encore rudes et infirmes avaient besoin de ces aides-là, pour le servir spirituellement. Semblablement il nous faut bien entendre la différence qui est entre le peuple ancien et le nouveau : car comme ainsi soit qu’après que Christ a été représenté, l’Église est parvenue en âge parfait, ceux qui enveloppent encore la lumière de l’Évangile dedans les ombres anciennes, la suffoquent. Donc nous recueillons que les papistes en usant d’instruments de musique ne sont pas imitateurs des Pères, mais vrais singes : vu qu’ils prennent encore plaisir au service ombré de la loi, auquel l’Évangile a mis fin… 

(Jean Calvin, Psaume 92:4, Commentaires sur le livre des psaumes, tome II)

JOHN MARBECK (1510-1585)

Convaincu par les arguments de Calvin, John Marbeck, ancien organiste de la chapelle St-George, Windsor, écrivit en 1550 :

« Mais quand ils hantent leurs saintes assemblées, je pense que les instruments musicaux ne sont plus adaptés pour exprimer les louanges de Dieu, que si un homme appelle encore à des sens et des lames, et autres ombres de la loi. Par conséquent, cela est follement que les papistes ont emprunté cela et bien d’autres choses aux Juifs. Les hommes qui s’adonnent aux pompes extérieures se délectent de ce bruit, mais Dieu aime mieux la simplicité qu’il nous a commandée par son apôtre… »

(John Marbeck, A Book of Notes and Common Places, p. 754-755).

THÉODORE DE BÈZE (1519-1605)

Si l’apôtre interdit à juste titre l’usage de langues inconnues dans l’Église, il aurait encore moins toléré ces performances musicales artificielles qui s’adressent à l’oreille seule, et qui frappent rarement l’intelligence, même des interprètes eux-mêmes.

(Théodore de Bèze cité dans Girardeau, Instrumental Music, p. 166)

DAVID PAREUS (1548-1622)

Dans l’Église chrétienne, l’esprit doit être incité à la joie spirituelle, non pas par les cornemuses, les trompettes et les tambours, avec lesquels Dieu a autrefois encouragé son ancien peuple à cause de la dureté de leurs cœurs, mais par les psaumes, les hymnes et les chants spirituels.

(David Pareus, com. 1 Cor. 14:7).

ROBERT BELLARMIN

La deuxième cérémonie est celle des instruments de musique, qui ont commencé à être utilisés dans le service de l’Église à l’époque du pape Vitalien, vers l’an 660, comme Platinu le rapporte dans le Pontifical, ou après l’an 820 comme Aimoin le pense plutôt, à l’époque de Louis le Pieux.

(Robert Bellarmin, De Missa 2.15 item de bon. Operibus 1.17).

Justin dit que l’usage des instruments a été accordé aux Juifs pour leur imperfection, et que par conséquent ces instruments n’ont pas leur place dans l’Église. Nous confessons, en effet, que l’usage des instruments de musique ne s’accorde ni avec le parfait ni avec l’imparfait, et que, par conséquent, ils n’ont commencé que tardivement à être admis dans l’Église.

(Robert Bellarmin, de bon. Operibus 1.17).

CONFESSION CATHOLIQUE HONGROISE (1562)

Concernant les orgues musicaux. Il est certain que dans l’Église ancienne et dans le Temple de Salomon, l’usage des instruments de musique était accepté. Maintenant que le Christ est venu, et ensemble avec l’ancien sacerdoce, et l’ancien sacrifice, et la représentation de la loi, l’usage des instruments dans les Églises a disparu comme une ombre. En effet, les divers instruments des musiciens symbolisaient les parties et les membres des élus, à savoir que les élus doivent adorer le Seigneur avec le cœur, l’âme, la parole et de toutes les manières. Ainsi, David mentionne toutes sortes d’instruments afin que l’homme puisse glorifier Dieu de toutes ses forces, de tout son esprit et de tous ses membres. Il doit parler et chanter dans l’assemblée avec le plaisir de l’âme. Car Paul ne désapprouve pas seulement l’usage d’instruments grossiers, mais il ne permet pas dans l’Église des paroles humaines incompréhensibles et des chants dépourvus de force d’édification ; en effet, il les qualifie d’abrutis ceux qui enseignent et chantent dans l’assemblée comme des barbares dans des langues inconnues (1 Cor. 14). Les Pères enseignent la même chose. Il n’y a pas la moindre allusion à l’orgue dans le Nouveau Testament, ni à son introduction dans l’Église la plus pure ; mais il n’a été introduit que dans les messes théâtrales, comme dans un sport obscène, par des prêtres immoraux pour faire des clowns fous. Les chroniques papales attribuent son introduction au pape Vitalien. Les résolutions des conciles, ensemble avec Jérôme, condamnent le bruit stentorien dans les Églises de personnes criant de façon théâtrale (Amos 5, 6). Dans les prophètes, le Seigneur interdit de jouer de la harpe et des orgues, et ordonne que l’enseignement soit fait avec la voix humaine, et non avec des ombres et des artifices. Par conséquent, ils font du tort ceux qui marmonnent sottement devant Dieu les heures canoniques, comme s’ils se bavardaient superstitieusement à eux-mêmes quelque chose de méritant par la même occasion, et qui tiennent un orgue dans l’assemblée sacrée comme les papistes et autres. Ce que mon Père n’a pas planté sera déraciné (Matt. 15:13). Mais dire sept fois « gloire à Dieu » signifie que nous adorons Dieu constamment en Esprit et en vérité, car sept fois signifie beaucoup de fois – sans fin (Matthieu 18 ; Luc 17 ; Jérôme, Augustin et Hilaire sur ces passages).

(Confession catholique hongroise, Reformed Confessions of the 16th & 17th Centuries in English Translation, vol. 2, p. 565-566).

SYNODE DE DEBRECEN (1567)

En revanche, nous abhorrons les instruments de musique adoptés pour la messe pantomime (saltatrici) de l’Antichrist, ainsi que les images. Ils ne sont d’aucune utilité dans l’Église, et sont même des marques et des occasions d’idolâtrie.

(Documents of the Debrecen Synod, vol. 3, p. 111).

SYNODE RÉGIONAL DES ÉGLISES DE HOLLANDE ET ZÉLANDE (1574)[1]

50. Quant au fait de jouer de l’orgue dans l’Église, il est soutenu que cela devrait être complètement abandonné, conformément à l’enseignement de Paul dans 1 Corinthiens 14:19. Et bien que certaines de ces Églises continuent à l’utiliser à la fin de la prédication, au moment où les gens s’en vont, il n’en reste pas moins que cela fait généralement oublier aux gens ce qui a été entendu précédemment. Il y a également le souci que le fait de jouer de l’orgue mènera à la superstition comme il mène actuellement à la légèreté. Si le jeu d’orgue devait être abandonné, il serait alors plus approprié de recueillir les aumônes à la porte, au moment où les gens s’en vont, plutôt qu’au milieu du service, ce qui entrave le culte de Dieu.

(The Church Orders of the 16th Century Reformed Churches of the Netherlands Together with their Social, Political, and Ecclesiastical Context, p. 159).

CONFESSION DE NASSAU (1578)

Les chants latins, comme les orgues (premièrement introduit dans les Églises par le pape Vitalien vers 665), sont pour la plupart abolis dans les Églises de ce pays.

(Confession de Nassau, Reformed Confessions of the 16th & 17th Centuries in English Translation, vol. 3, p. 515). 

SYNODE NATIONAL DES ÉGLISES DES PAYS-BAS, D’ALLEMAGNE ET DE WALLONIE (1578)

77. Nous ne considérons pas l’usage des orgues dans les Églises comme bon, particulièrement pour la prédication (services). Par conséquent, nous jugeâmes que les ministres doivent travailler, même si les orgues sont tolérés pour un temps, à ce qu’ils soient enlevés au temps le plus rapide et convenable.

(Synode national des Églises des Pays-Bas, d’Allemagne et de Wallonie, ibid., p. 220).

WILLIAM PERKINS (1558-1602)

À ces [« superstitions papistes »] s’ajoute le concert de musique dans le service divin, qui nourrit les oreilles, mais n’édifie pas l’esprit. (1 Corinthiens 14:15) « Qu’est-ce donc ? Je prierai avec l’esprit, et je prierai aussi avec l’intelligence : Je chanterai avec l’esprit, et je chanterai aussi avec l’intelligence. Justin Martyr, dans son livre Questions et réponses chrétiennes 107, dit : « Les Églises n’ont pas l’habitude de chanter leurs mètres avec des instruments de ce genre, etc, mais leur pratique est d’utiliser le pur chant. »

(William Perkins, A Golden Chain, p. 69).

Le royaume de Dieu est le lieu de la joie (Rom. 14:17). Les réjouissances appartiennent au peuple de Dieu (Ps 68:3 ; 106:5). La musique du Temple était typique, et figurait la joie de l’Église catholique, où se trouve l’assurance de la rémission des péchés et de la vie éternelle.

(William Perkins, Commentary on Galatians, Works II, p. 312).

GENEVA BIBLE (1599)

Exhortant le peuple à se réjouir seulement en louant Dieu, il mentionne les instruments qui, par le commandement de Dieu, étaient établis dans l’ancienne loi, mais dont l’usage est aboli sous le Christ.

(Geneva Bible, note sur Ps. 150:3)

DAVID CALDERWOOD (1575-1650)

Le pasteur n’aime dans la maison de Dieu que la musique qui édifie, et il ferme l’oreille à la musique instrumentale, qui servait à la pédagogie des Juifs indociles sous la loi, et qui est figurative de la joie spirituelle à laquelle nos cœurs doivent être ouverts sous l’Évangile. Le prélat aime les chants charnels et curieux pour l’oreille, plus que la mélodie spirituelle de l’Évangile, et par conséquent il voudrait avoir des antiphonies et des orgues dans les cathédrales, sans plus de raison que d’autres ombres de la loi de Moïse ; ou des instruments de moindre importance, comme les luths, les cithares et les cornemuses, pourraient être utilisés dans d’autres églises.

(David Calderwood, The Pastor and the Prelate, p. 9)

DAVID DICKSON (ENV. 1583-1663)

Il n’y a pas d’exercice auquel nous ayons le plus besoin d’être excités que la louange ; telle est notre monotonie, et telle est l’excellence et la nécessité de l’œuvre, comme le signifiait et l’importait l’usage cérémoniel des instruments de musique dans la pédagogie de Moïse ; l’usage religieux dont, bien qu’il soit supprimé avec le reste de la loi cérémonielle (l’usage naturel ou civil restant le même, avant et après la loi cérémonielle), la chose signifiée, qui est le fléchissement de toutes les forces de notre âme et de notre corps pour louer Dieu, n’est pas supprimée.

(David Dickson, com. Psalm 33:2-3).

GISBERTIUS VOETIUS (1589-1676)

Voetius soutient que la musique instrumentale « a le goût du judaïsme, ou d’un culte adapté à une condition puérile dans l’économie de l’Ancien Testament ; et l’on pourrait avec la même justice introduire dans les Églises du Nouveau Testament les cloches d’Aaron, les trompettes d’argent des prêtres, les cornes du jubilé, les harpes, les psaltérions et les cymbales, avec les chanteurs lévitiques, et ainsi tout le culte de cette économie, ou les éléments misérables du monde, selon les paroles de l’apôtre dans le quatrième chapitre des Galates.

(Gisbertius Voetius, Ecclesiastical Polity, 2.2.3)

(Dans cet ouvrage, une section entière intitulée « De Organis et cantu Organico in Sacris » aborde la question de la musique instrumentale dans le culte public de Dieu et défend la doctrine et la pratique réformées historiques de la louange sans accompagnement).

WILHELM ZEPPERUS (1550-1607)

La musique instrumentale dans le culte religieux des Juifs faisait partie de la loi cérémonielle, qui est maintenant abolie.

(Wilhelm Zepperus, De Lege Mosaica, lib. iv).

JOHANN HEINRICH ALTING (1583-1644)

1) Tout ce qui, dans le service divin du peuple juif, était cérémoniel, tout cela est aboli. La musique instrumentale dans le service divin du peuple juif était cérémonielle ; comme on peut le constater en comparant l’Église de l’Ancien Testament avec celle du Nouveau. Par conséquent, etc.

2) Le but et la fin des assemblées de l’Église doivent être l’édification et l’instruction (1 Cor. 14:19, 26). Ce n’est pas par des orgues ou des instruments de musique qu’il y a édification ou instruction ; car si les langues inconnues ne sont pas utiles à cette fin, à plus forte raison ces instruments aux sons confus. Par conséquent, etc.

3) Les orgues ont été premièrement inventés et introduits dans l’Église chrétienne par le pape Vitalien, alors que la superstition prévalait, vers l’an 770 du Christ. Par conséquent, ils devraient nous être odieux, et nous les avons à nouveau chassés des Églises à juste titre.

(Syllab. Controver. p. 160).

ABRAHAM VAN DE VELDE (1614-1677)

Les synodes de Dordt, 1578, art. 77 ; de Middelbourg, 1581 ; de Gelderland, 1640, art. 3, ont tous traité de la cessation, lorsqu’ils ont déterminé la place de l’orgue dans l’Église. La déclaration du synode de Dordt, 1574, art. 50, doit faire l’objet d’une attention particulière, nous lisons : « En ce qui concerne l’usage des orgues dans la congrégation, nous considérons que, selon 1 Cor. 14:19, il ne devrait pas avoir de place dans l’église ; et là où il est encore utilisé, lorsque les gens quittent l’église, il ne sert à rien qu’à oublier ce qui a été entendu auparavant ».

Ils témoignent que ce n’est que frivolité. Il est aussi remarquable que le sieur Rivet, en contestant les papistes, cite plusieurs de leurs auteurs, qui condamnent la nouveauté de l’orgue, et font remarquer qu’il est sans profit.

(André Rivet, Catholicus Orthodoxus Oppositus Catholico Papistae, tom. 1, p. 561).

HENRY AINSWORTH (1571-1622)

La manière de chanter doit être sainte, révérencieuse, gracieuse, ordonnée, avec compréhension, sentiment et réconfort, pour l’édification de l’Église… Les instruments de musique étaient tellement annexés aux chants dans le Temple, comme l’encens aux prières (2 Chron. 29). De telles ombres ont cessé, mais la substance demeure.

(Henry Ainsworth, Orthodox Foundation of Religion, p. 405-406).

WILLIAM AMES (1576-1633)

Ce serait trop fastidieux si je devais recenser tous ceux [réformateurs] qui étaient accord avec ceux-ci [ceux cités qui rejetaient la musique instrumentale]. J’ajouterai seulement les deux et trente érudits graves qui ont été choisis à l’époque du roi Edwards pour réformer les lois ecclésiastiques, et les observances qu’ils ont jugées appropriées : « Il nous plaît d’avoir cette sorte de musique fastidieuse ôtée ».

(William Ames, A Fresh Suit Against Human Ceremonies in God’s Worship, p. 405).

JOHN COTTON (1584-1652)

La musique instrumentale, qui était dans le Temple juif antique, est uniquement un type, ou une ombre, du chant, édifiant et non théâtral, avec le cœur et la voix, approuvé et pratiqué dans le Nouveau Testament. (John Cotton, Singing of Psalms a Gospel Ordinance).

OLIVER CROMWELL (1599-1658)

De nombreux orgues (surtout dans les églises paroissiales) ont été enlevés dans les années 1580, y compris dans certaines chapelles de collèges universitaires comme le King’s College de Cambridge. À partir de la fin des années 1590, les orgues ont été réinstallés, en particulier dans les fondations de chorales. Cependant, de nombreuses églises qui avaient des orgues avant la Réformation ou jusque dans les années 1570 ne les ont pas remplacés avant le XVIIIe, voire le XIXe siècle… À partir des années 1640, lorsque le Parlement était dominant, les chorales ont été dissoutes, les orgues enlevés et les cathédrales finalement dissoutes…

L’apparente rareté de la musique d’orgue d’environ 1640 à la Restauration est facilement imputable aux attaques puritaines contre les instruments pendant la Civil War et le Commonwealth. Les ordonnances publiées par le Parlement le 9 mai 1644, ordonnant la démolition de tous les orgues, images et autres monuments considérés comme superstitieux, brossent un sombre tableau. Malgré cela, John Evelyn a pu entendre Christopher Gibbons jouer à l’orgue du Magdalen College, Oxford, le 12 juillet 1654. La préservation d’un orgue dans une église était inhabituelle et, dans son journal, Evelyn reconnaît que la plupart des orgues avaient été enlevés des églises. Cependant, si Oliver Cromwell et les puritains s’opposaient à l’usage liturgique de l’orgue, cela ne veut pas dire qu’ils s’opposaient à son usage profane. Cromwell a déplacé l’orgue sur lequel Gibbons jouait de Magdalen College à Hampton Court pour son usage personnel pendant le Commonwealth, où il a été érigé dans la Grande Galerie. Tout comme la cour royale avait ses propres organistes attitrés, Cromwell employait John Hingston, qui était également chargé de l’éducation musicale de ses filles… Cromwell n’avait pas d’objection contre la musique – pas même les motets latins – à condition qu’elle ne joue aucun rôle dans le culte de l’Église.

(John Harper, Changes in the Fortunes and Use of the Organ in Church, 1500-1800, Studies in English Organ Music).

CUTHBERT SYDENHAM (1622-1654)

Les grands abus de l’Église romaine et épiscopale concernant cette ordonnance… 1. L’introduction d’instruments de musique, tels que les orgues, les harpes, les violes, etc, alors que dans le Nouveau Testament, Dieu exige que la voix soit le seul orgue du cœur dans le culte. Aucun instrument de musique n’est associé au chant des psaumes, des hymnes et des cantiques du Nouveau Testament. L’Église du Nouveau Testament est modelée d’après la synagogue et non le Temple. La synagogue n’avait pas d’instruments de musique, et lorsque le Temple a été détruit, la pratique de l’Ancien Testament dans l’observance extérieure a été supprimée. La synagogue est restée.

(Cuthbert Sydenham, A Gospel Ordinance Concerning the Singing of Scripture Psalms, Hymns, and Spiritual Songs).

JOHN BUNYAN (1628-1688)

Ces chants étaient chantés avec des harpes, des psaltérions, des cymbales et des trompettes ; un type de notre chant avec une joie spirituelle, de la grâce dans nos cœurs (1 Chron. 25:6 ; 2 Chron. 29:26-28 ; Col. 3:16).

(John Bunyan, Works, vol. 3, p. 496).

MATTHEW HENRY (1662-1714)

Que Dieu soit loué dans la danse avec le tambourin et la harpe, selon l’usage de l’Église de l’Ancien Testament très tôt (Exode 15:20), où nous trouvons Dieu loué avec des tambours et des danses. Ceux qui, de ce fait, préconisent l’usage de la musique dans le culte religieux doivent, par la même règle, introduire la danse, car elles vont ensemble, comme la danse de David devant l’arche, et dans Juges 21:21. Mais, alors que de nombreuses Écritures du Nouveau Testament maintiennent le chant comme une ordonnance évangélique, aucune ne prévoit le maintien de la musique et de la danse ; le canon évangélique pour la psalmodie est de chanter avec l’esprit et avec l’intelligence.

(Matthew Henry, com. Psalm 149:3).

HENRY HICKMAN (1692-1654)

[Les instruments de musique] sont mis de côté par la plupart des Églises réformées ; ils ne seraient pas conservés chez les luthériens, à moins qu’ils n’aient abandonné leur propre Luther, qui, selon la confession d’Eckard, considérait les orgues comme l’enseigne de Baal. Le fait qu’ils continuent à exister dans certaines Églises néerlandaises est contraire à l’esprit des pasteurs. En effet, lors du synode national de Middelbourg en 1581, et du synode de Hollande et de Zélande en 1594, cela fut résolu. Qu’ils s’efforceraient d’obtenir du magistrat la mise à l’écart des orgues, et du chant avec ceux-ci dans les églises, même en dehors du temps du culte, soit avant, soit après les sermons : ces synodes sont si loin de les supporter dans le culte lui-même.

(Henry Hickman, Apot., p. 139).

JOHN BROWN D’HADDINGTON (1722-1787)

Bien que la musique instrumentale ait été très utilisée dans le service du Temple tel qu’il était régulé par David et Salomon, nous n’avons aucune trace de son emploi dans le culte divin, que ce soit à l’époque antédiluvienne, patriarcale ou mosaïque de l’Église, à l’exception du chœur que Miriam et ses compagnes ont joint au chant de triomphe de Moïse et des Israélites lors de la défaite de Pharaon et de son armée dans la mer Rouge. Ceci est d’autant plus digne d’attention en ce qui concerne la dispensation mosaïque, que nous tenons compte de la plénitude et de la minutie des instructions que le grand législateur a données quant aux observances religieuses sous cette économie.

Dans le NT, il n’y a aucune référence à la musique instrumentale en usage parmi les chrétiens des temps apostoliques. Cela est simplement la musique vocale qui est mentionnée… Ces passages [Jean 4:24 ; 1 Corinthiens 14:16 ; Éphésiens 5:19 ; Colossiens 3:16 ; Jacques 5:18] pourraient être une preuve suffisante que la musique instrumentale n’était pas en usage parmi les chrétiens aux temps apostoliques ; et ceci est confirmé de façon concluante par le fait qu’elle n’a été introduite dans l’Église que bien après…

Or, si nous combinons ensemble ces deux faits, à savoir qu’il n’y a pas d’autorité dans le NT pour l’usage de la musique instrumentale dans le culte religieux, et qu’elle n’était pas en usage dans l’Église avant plusieurs siècles, cela peut être considéré comme une preuve concluante qu’elle n’était pas en usage dans les Églises apostoliques. En effet, bien que la pratique des Églises apostoliques ait pu, dans de nombreux cas, être mise de côté à mesure que l’Église se corrompait, il est tout à fait improbable que la musique instrumentale, si elle avait été en usage dans ces Églises, ait été mise de côté à mesure que l’Église avançait dans la corruption, car il s’agit d’un de ces usages qui conviennent à la nature corrompue de l’homme, et dont nous trouvons, par conséquent, qu’il a été introduit à l’âge le plus sombre de la papauté.

Il n’y a donc pas lieu de dire que la musique instrumentale dans les Églises chrétiennes est d’autorité divine. Il n’y a pas lieu de douter qu’il s’agit d’une invention humaine, d’un acte de culte volontaire, d’une tentative de l’homme d’améliorer ou de réparer l’œuvre de Dieu, comme s’il savait mieux que Dieu ce qui est le mieux à même de chérir les sentiments de dévotion dans la poitrine humaine, et ce qui serait le plus acceptable pour lui-même comme acte d’adoration…

La musique instrumentale est souvent introduite dans le culte public sous prétexte qu’elle favorise les sentiments de dévotion des adorateurs ; mais nous soupçonnons que cela est le contraire qui se produit le plus souvent. Leurs esprits sont si prompts à être pris et emportés par la musique que les sentiments de dévotion sont entièrement perdus. Il apparaît souvent que cela dégénère en performances musicales, nous pourrions même dire en divertissements musicaux.

(John Brown d’Haddington, mot “praise”, Dictionary of the Bible, p. 452-454).

JOHN GILL (1697-1771) – BAPTISTE PARTICULIER

On observe que les Psaumes de David étaient autrefois chantés avec des instruments de musique, comme la harpe, le tambourin, la cymbale et les orgues ; pourquoi ne pas le faire maintenant ? Si ces instruments doivent être désuets, pourquoi pas le chant lui-même ? Je réponds que ces instruments ne sont pas essentiels au chant, et qu’on peut donc les laisser de côté, et continuer celui-ci. On avait l’habitude de brûler de l’encens au moment de la prière, typique de la médiation du Christ, et de l’acceptation de la prière à travers cela ; cela est maintenant désuet ; mais la prière étant un devoir moral, demeure toujours. Les instruments susmentionnés n’étaient utilisés que lorsque l’Église était à l’état d’enfance, et ce qui est tape-à-l’œil, voyant et pompeux, plaît aux enfants ; et comme le fait remarquer un auteur ancien : « ces instruments étaient adaptés aux bébés, mais dans les Églises (sous la dispensation de l’Évangile, qui est plus mature) l’usage de ceux-ci, adaptés aux bébés, est écarté, et le chant pur ou ordinaire est laissé. » Quant aux orgues… ils ont été introduits pour la première fois par un pape de Rome, Vitalien, et cela au septième siècle, et pas avant.

(John Gill, A Complete Body of Doctrinal and Practical Divinity, vol. 3, p. 384)

…ces [instruments] étaient utilisés à l’époque de l’Ancien Testament, et étaient typiques de la joie spirituelle et de la mélodie dans le cœur, exprimées par le chant vocal sous le Nouveau Testament.

(John Gill, com. Psalm 81:2).

PHILIP SCHAFF (1819-1893) – ANGLICAN

L’usage des orgues dans les églises est attribué au pape Vitalien (657-672). Constantin Copronymos envoya un orgue avec d’autres cadeaux au roi Pépin de France en 767. Charlemagne en reçut un en cadeau du calife Haroun al Rashid, et le fit installer dans la cathédrale d’Aix-la-Chapelle… L’attitude des Églises envers l’orgue varie. Il a partagé, dans une certaine mesure, le sort des images, à part qu’il n’a jamais été un objet d’adoration… L’Église grecque désapprouvait l’usage des orgues. L’Église latine l’a introduit assez généralement, mais non sans la contestation d’hommes éminents, de sorte que même au concile de Trente, une motion a été faite, mais non adoptée, pour interdire l’orgue au moins pour la messe.

(Philip Schaff, History of the Christian Church, vol. 4, p. 439).

La coutume de l’accompagnement à l’orgue ne s’est pas généralisée chez les protestants avant le XVIIIe siècle.

(Schaff-Herzogg Encyclopedia (1853–1868), vol. 10, p. 257)

ALEXANDER HISLOP (1807-1865)

L’argument scripturaire en ce qui concerne l’identification de la musique instrumentale, dans la dispensation de l’Ancien Testament, avec le culte du Temple est le suivant : Nous trouvons une institution expresse, par l’autorité divine, de l’usage des instruments de musique pour le service du Temple, et en relation avec l’offrande des sacrifices (Nombres 10:10 ; 1 Chroniques 15:16, 16:4-6), les familles mêmes qui pouvaient seules utiliser ces instruments de musique étant spécifiquement nommées (1 Chroniques 25 et suivants). Nous ne trouvons nulle part ailleurs l’institution, ou la moindre allusion à l’institution, d’une telle musique instrumentale dans le service de Dieu. Par conséquent, conformément au principe du texte : « Ce que je vous commande, observez-le et n’y ajoutez rien », l’usage de la musique instrumentale dans le culte, sauf dans le service du Temple, était exclu. D’où le fait significatif, déjà mentionné, que depuis la période de la destruction du Temple juif, jusqu’à récemment, les instruments de musique avaient été universellement considérés par les Juifs comme illégitimes dans le culte de Dieu. Depuis que le soc de la charrue avait passé sur les ruines de ce Temple, ils étaient universellement convaincus qu’il n’y avait aucun endroit où, dans le culte de Dieu, les cymbales, les cornets et les harpes pouvaient être utilisés légitimement, pas plus qu’il n’y avait un endroit où un autel pouvait être élevé pour les holocaustes ou pour l’offrande de sacrifices.

(Alexander Hislop, The Scriptural Principles of the Solemn League and Covenant).

ADAM CLARKE (1762-1832) ET JOHN WESLEY (1703-1791) – MÉTHODISTES

Je suis un vieil homme, et je déclare ici que je ne les [instruments de musique] ai jamais connus produisant quelque bien que ce soit dans le culte de Dieu, et que j’ai des raisons de croire qu’ils produisent beaucoup de mal. La musique, en tant que science, je l’aime et je l’admire, mais la musique instrumentale dans la maison de Dieuje hais et j’abhorre. Cela est l’abus de la musique, et j’enregistre ici ma protestation contre toutes ces corruptions dans le culte de l’auteur du christianisme. Le feu vénérable et très éminent théologien, le révérend John Wesley, qui était un amateur de musique, et un poète élégant, interrogé sur son opinion sur les instruments de musique introduits dans les chapelles des méthodistes, a dit, à sa manière concise et puissante :

« Je n’ai aucune objection contre les instruments de musique dans nos chapelles, à condition qu’ils ne soient ni entendus ni vus. »

Je dis la même chose.

(Adam Clarke, Amos 6:5, Clarke’s Commentray OT, vol. 4, p. 684)

PCUSA (1842)

« Question 6 : Y a-t-il une autorité concernant la musique instrumentale dans le culte de Dieu sous la dispensation présente ? Réponse : Pas la moindre, seul le chant des psaumes, des hymnes, et des cantiques spirituels, a été institué par les apôtres ; pas une syllabe n’est dite dans le Nouveau Testament en faveur de la musique instrumentale, et n’a jamais été introduite dans l’Église avant le huitième siècle, après que les Catholiques ont eu corrompus la simplicité de l’Évangile par leurs inventions charnelles. Ce n’était pas permis dans les synagogues, les paroisses églises des Juifs, mais cela était confiné au service du Temple, et aboli avec les rites de cette dispensation. »

(Questions on the Confession of Faith and Form of Government of The Presbyterian Church in the United States of America, p. 55).

CHARLES SPURGEON (1834-1892) – BAPTISTE PARTICULIER

Charles Spurgeon affirme que les instruments de musique ont été « rejetés et condamnés par toute l’armée des théologiens protestants ». (Charles Spurgeon, Works, vol. 2, p. 223)

Quelle déchéance de supplanter le chant intelligent de toute l’assemblée par la coquetterie théâtrale d’un quatuor, les subtilités raffinées d’un chœur, ou le souffle de soufflets et de tuyaux inanimés ! Nous pourrions aussi bien prier avec des machines que louer avec elles.

(Charles Spurgeon, sur psaume 42:4, Treasury of David).

PRESBYTÉRIENS DU SUD « OLD SCHOOL » (XIXe SIÈCLE)

Comment se fait-il que des hommes comme Breckinridge et Thornwell, dans l’Église presbytérienne américaine, étaient à peine froids dans leurs tombes que, dans les lieux mêmes où ils avaient fait entendre leurs arguments en faveur du puissant principe qui exige un mandat divin pour chaque élément de la doctrine, du gouvernement et du culte, et où ils avaient, en obéissant à ce principe, refusé catégoriquement d’admettre les instruments de musique dans l’Église, l’orgue faisait entendre ses triomphes sur leurs opinions ?…

Que diraient maintenant Gillespie et Calderwood, que diraient Chalmers et Candlish, Cunningham et Begg, que diraient Mason, Breckinridge et Thornwell, s’il leur était permis de sortir de leurs tombes et de revisiter les théâtres de leurs labeurs, les Églises pour lesquelles ils ont peiné et prié ?

(John Girardeau, Instrumental Music in Public Worship, p. 158 & 161)

ENCYCLOPÉDIE CATHOLIQUE (1907)

Bien que Josèphe raconte les effets merveilleux produits dans le Temple par l’usage des instruments, les premiers chrétiens étaient d’une fibre trop spirituelle pour substituer des instruments sans vie ou les utiliser pour accompagner la voix humaine. Clément d’Alexandrie condamne sévèrement l’usage des instruments, même lors des banquets chrétiens. Saint Chrysostome oppose vivement les coutumes des chrétiens, lorsqu’ils avaient la pleine liberté, à celles des Juifs de l’Ancien Testament.

(Catholic Encyclopedia, vol. 10, p. 648-652)

MARTYN LLOYD-JONES (1899-1981)

Rien n’est plus urgent qu’une analyse des innovations dans le domaine des cultes religieux au XIXe siècle – à mon avis, un siècle dévastateur à cet égard. Plus vite nous oublierons le XIXe siècle pour revenir au XVIIIe, et même au XVIIe et au XVIe, mieux ce sera. Le dix-neuvième siècle, avec sa mentalité et ses perspectives, est responsable de la plupart de nos difficultés et de nos problèmes actuels. Ce fut à cette époque qu’un tournant fatal s’est produit à bien des égards, comme nous l’avons vu, et parmi les changements introduits, la place accordée à la musique sous diverses formes figure en bonne position. Très souvent, et surtout dans les Églises non épiscopaliennes, il n’y avait même pas d’orgue avant cette époque. De nombreux dirigeants étaient activement opposés aux orgues et essayaient de justifier leur attitude par les Écritures ; de même, beaucoup d’entre eux étaient opposés au chant de tout autre chose que les psaumes. Je ne me préoccupe pas d’évaluer les interprétations rivales des Écritures pertinentes, ni de débattre de l’ancienneté du chant des hymnes ; ce que je veux dire, c’est que si le chant des hymnes est devenu populaire à la fin du XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, l’accent entièrement nouveau mis sur la musique vers le milieu du siècle dernier faisait partie de cette respectabilité, et de ce pseudo-intellectualisme, que j’ai déjà décrit.

(Martyn Lloyd-Jones, Preaching and Preachers (1971), p. 265-6).

REFORMED MUSIC JOURNAL (1997)

Puissants et émouvants, les psaumes résonnaient dans les bâtiments d’église purifiés. « En esprit et en vérité », les calvinistes hollandais chantaient leurs louanges « d’une seule voix », mais les orgues étaient silencieux. Silencieux, parce que l’orgue du XVIe siècle était incapable d’accompagner le chant de congrégation. De plus, un chant de congrégation de cette ampleur était nouveau et la coutume de le soutenir par des sons d’orgue était inconnue…

L’usage de l’orgue dans la liturgie romaine le rendait suspect. C’était un « instrument papiste », « une invention du prince des ténèbres », avec des « voix de sirènes séduisantes », et « la même chose que l’iconolâtrie et l’idolâtrie ». Le divertissement procuré par le grand orgue attira l’ire des catholiques romains et des protestants. Ils s’opposèrent à l’utilisation de chants « scandaleux, lubriques et vulgaires », qui « déshonorent l’art » et « sont détestés par les gens intelligents ». Érasme trouvait ce roi de la musique si dégoûtant qu’il y fait référence comme à la plus vieille profession du monde. « On peut avoir plus de foi dans un garçon meunier que dans… tous les papes et les moines avec leurs orgues », a fait remarquer Luther. Et selon Calvin, « la voix humaine… est meilleure que tous les orgues morts ».

(Norma Kobald, The Psalms, the Organ, and Sweelinck, Reformed Music Journal vol. 9, no. 2, (1997)).

EVERETT FERGUSON (2013)

La plupart des déclarations commentant le non-usage d’instruments dans l’Église se trouvent dans des contrastes entre l’Ancien Testament et la pratique chrétienne. En commentant les passages de l’Ancien Testament qui font référence à l’adoration de Dieu avec un instrument, les auteurs chrétiens ont dû proposer une explication. Les Psaumes, en particulier, posaient un problème, car ils étaient utilisés dans le culte chrétien. Une approche est celle de Jean Chrysostome et d’autres auteurs de l’école d’interprétation d’Antioche. Dieu a permis aux Juifs d’utiliser la musique instrumentale, tout comme il a permis les sacrifices d’animaux, non pas parce que c’était ce qu’il désirait, mais comme une pratique transitoire pour conduire les gens de l’idolâtrie au véritable culte spirituel.

(Everett Ferguson, A Cappella Music in the Public Worship of the Church).

Article traduit et adapté de l’article de Purely Presbyterian, The History of Instrumental Music in the Church.


[1] R. Scott Clark, Recovering the Reformed Confession, p. 246, 247.

[2] Charles Spurgeon, Works, vol. 2, pt. 1, p. 223.

[3] R. Scott Clark, Is the Organ God’s Gift to Worship?

[4] John Price, Old Light on New Worship: Musical Instruments and the Worship of God, a Theological, Historical, and Psychological Study, p. 68.

[5] Price, ibid., p. 70.

[6] Synode régional des Églises de Hollande et de Zélande tenu à Dordrecht du 16 juin au 28 juin 1574, Acts and Decisions of the Provincial Synod of the Churches of Holland and Zeeland.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s