Q. 37 : Peut-on faire des œuvres serviles le jour du sabbat, même si elles empêchent les devoirs de piété ?

R. : Oui. Matthieu 12:7 : « Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents. »

Dieu ne nous lie pas si strictement que, quoi qu’il arrive, nous devions aller à l’église. Cette mention, « pas de sacrifice » (Osée 6:6), implique qu’il peut y avoir des cas dans lesquels Dieu n’attend pas de sacrifices, c’est-à-dire des devoirs extérieurs de piété à accomplir par nous.

Q. 38 : Quelles sont ces œuvres serviles qui peuvent être faites bien qu’elles empêchent les devoirs de piété ?

R. : Celles qui sont d’une nécessité absolue.

Cette nécessité absolue a rapport avec le besoin de l’Homme, à savoir qu’il est nécessaire que telle ou telle chose soit faite, sinon un grand dommage, ou préjudice, arrivera à l’Homme.

Q. 39 : Comme peut-on connaître cette nécessité absolue ?

R. : Si ce qui est nécessaire d’être fait ne pouvait être fait la veille, ni ne peut être remis au lendemain.

Cela implique la nécessité d’une réalisation immédiate, même le jour du sabbat. Ce premier point est établi comme fondement, à savoir qu’il est nécessaire d’être fait. Ensuite il est pris pour acquis, qu’il ne pouvait être fait la veille, et aussi, qu’il ne peut être remis au lendemain : par conséquent il est nécessaire que cela soit fait le jour du Seigneur. Par exemple, une tuile tombe sur la tête d’un homme et le blesse grièvement le jour du Seigneur. Il est nécessaire d’apporter du secours à cet homme. La veille, rien ne pouvait être fait pour le guérir, car personne ne savait qu’il serait blessé. Le secours ne doit pas être remis au lendemain, de peur que l’homme ne périsse par manque de secours. Il faut donc que ceux qui sont en mesure de l’aider le fassent, même si les devoirs de piété sont ainsi empêchés. Note à ce propos, Jean 7:23 : « Si un homme reçoit la circoncision le jour du sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, pourquoi vous irritez-vous contre moi de ce que j’ai guéri un homme tout entier le jour du sabbat ? »

Q. 40 : De quelles sortes sont ces œuvres de nécessité absolue ?

R. : 1) Ordinaire. 2) Extraordinaire.

Ordinaires sont celles qui, pour la plupart, arrivent chaque sabbat, et qui d’une manière ou d’une autre sont réalisées ce jour-là.

Extraordinaires sont celles qui peuvent se produire, et qui parfois se produisent, mais très rarement, et c’est un accident lamentable quand l’une d’elles se produit.

Q. 41 : Quels exemples peuvent-être donnés des œuvres serviles ordinaires qui empêchent les devoirs de piété ?

R. : 1) S’occuper de jeunes enfants. 2) Garder des personnes malades et impotentes. 3) Aider les femmes en travail.

La plupart des familles ont de jeunes enfants qui ne peuvent pas s’occuper d’eux-mêmes ni être amenés à l’église sans déranger toute la congrégation.

Il arrive très souvent, dans chaque ville et chaque village, que des personnes soient malades, ou impotentes à cause de l’âge ou d’un accident quelconque, de sorte qu’elles ne peuvent pas aller à l’église, mais ont besoin que quelqu’un reste avec elles, et s’occupe d’elles. Et quel jour de l’année n’arrive-t-il pas que certaines femmes, dans un endroit ou un autre, soient en travail [c.-à-d. en train d’accoucher] ? Si cela arrive chaque jour, alors cela arrive aussi chaque jour du Seigneur. Mais il est requis que plus d’une ou deux personnes les assistent dans leur travail.

Toutes sont des œuvres serviles ordinaires par lesquelles certains sont dispensés des devoirs de piété, et pourtant sont irréprochables. Par exemple, Anne qui s’est absentée du temple jusqu’à ce que son enfant soit sevré (1 Samuel 1:22) et qui était irréprochable.

Q. 42 : Quels exemples peuvent-être donnés des œuvres serviles extraordinaires qui empêchent les devoirs de piété ?

R. : 1) Éteindre le feu des maisons. 2) Créer des brèches dans l’eau. 3) Résister aux ennemis. 4) Libérer les créatures vivantes d’un danger immédiat.

Les trois premiers cas concernant le feu, l’eau, et les ennemis, sont si violents, que si un secours immédiat n’est pas apporté contre eux, des dommages irréversibles s’ensuivront bientôt. Si donc cette règle s’applique toujours : miséricorde et pas de sacrifice (Osée 6:6 ; Matthieu 12:7), elle s’applique avant tout dans ces cas.

Pour libérer les créatures vivantes d’un danger, nous avons les paroles expresses du Christ, Matthieu 12:11-12 : « Il leur répondit : Lequel d’entre vous, s’il n’a qu’une brebis et qu’elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l’en retirer ? Combien un homme ne vaut-il pas plus qu’une brebis ! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat. » (cf. Luc 14:5).

Si les créatures non raisonnables doivent être instantanément tirées du danger, combien plus les créatures raisonnables. « Hypocrites ! lui répondit le Seigneur, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache pas de la crèche son boeuf ou son âne, pour le mener boire ? Et cette femme, qui est une fille d’Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat ? » (Luc 13:15-16).

Par ces cas qui sont permis, nous pouvons voir que l’observation consciencieuse du sabbat n’est pas un joug aussi lourd que beaucoup l’imaginent.


Traduction des questions trente-sept à quarante-deux du traité de William Gouge, The Sabbath’s Sanctification.

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