L’Église peut changer, mais pas le second commandement.

La loyauté au premier commandement, « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face », est essentielle à tout dans la vie du croyant. Toutefois, la déclaration faite à Israël d’aimer Jéhovah suprêmement (Deutéronome 6:5) sous-tend cela. À quoi cela ressemble en réalité ? Aimer Jéhovah signifie qu’il ne peut y avoir aucun autre dieu, comme le démontrent les paroles du prophète Samuel : « Si c’est de tout votre cœur que vous revenez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Astartés, dirigez votre cœur vers l’Éternel, et servez-le lui seul » (1 Samuel 7:3).

La vraie repentance est évangélique. C’est se détourner du péché pour se tourner vers Dieu. C’est se détourner de tous les autres dieux pour se tourner vers Jéhovah, le Dieu vrai et vivant. La vraie repentance se soumet à la demande de Dieu d’une loyauté complète, totale et absolue. Pour cette raison, aucun chrétien ne peut être pluraliste, et avoir plusieurs dieux. La loyauté au premier commandement est une preuve d’amour. Le Sauveur a demandé la même chose en affirmant que celui qui aime quelqu’un d’autre plus que lui ne peut être son disciple (Matthieu 10:37).

Les commandements sont liés

Quel rapport cela a-t-il avec l’Église et le second commandement ? Prenons le cas de Jéroboam, à qui Dieu a dit par le prophète Achija : « Tu as agi plus mal que tous ceux qui ont été avant toi, tu es allé te faire d’autres dieux, et des images de fonte pour m’irriter, et tu m’as rejeté derrière ton dos ! » (1 Rois 14:9). Voici Jéroboam rejetant le second commandement et qui, par la transgression du second commandement, était aussi coupable de transgresser le premier commandement. Il est inévitable qu’en adorant le vrai Dieu de la mauvaise manière, on finisse par adorer le mauvais dieu. La violation du second commandement signifie inévitablement que l’on change notre compréhension de Dieu. Parce que nous n’adhérons plus à un des commandements de Dieu, notre théologie change. Achija est très clair, quand il étiquette ce que Jéroboam fait comme idolâtrie, ou l’adoration d’autres dieux.

Il est possible de s’apercevoir de la connexion entre les commandements avec d’autres exemples. Par exemple, le rejet du quatrième commandement a toujours des conséquences, comme cela a été déclaré avec éloquence au XIXe : une Église sans sabbat est apostate. Par ailleurs, en Lévitique, les quatrième et cinquième commandements sont liés (dans l’ordre inversé) : « Chacun de vous respectera sa mère et son père, et observera mes sabbats. Je suis l’Éternel, votre Dieu. » (Lévitique 19:3). Le Seigneur dit ici que garder le cinquième commandement repose sur le fait de garder le quatrième. N’y a-t-il pas ici une leçon significative pour l’Église, où tant de parents chrétiens sont laxistes dans l’observation du jour du Seigneur, tout en se plaignant de la rébellion de leurs enfants ?

Les idoles sont vanités

Retournant à notre sujet, la transgression du second commandement s’est poursuivie sans relâche sous Baescha, Éla, Zimri et Omri, qui étaient coupables d’irriter « par leurs idoles l’Éternel, le Dieu d’Israël. » (1 Rois 16:13). Cela ne veut pas dire grand-chose jusqu’à ce que nous lisions Deutéronome 32:21 : « Ils ont excité ma jalousie par ce qui n’est point Dieu, ils m’ont irrité par leurs vaines idoles ; et moi, j’exciterai leur jalousie par ce qui n’est point un peuple, je les irriterai par une nation insensée. »

Notez le parallèle entre « ce qui n’est point Dieu » et « vaines idoles ». L’autre chose intéressante à noter est le mot irriter [ou exciter], aussi utilisé pour Peninna, qui irritait Anne (1 Samuel 1:6). Ce que nous voyons clairement, c’est que le culte qui viole le second commandement irrite Jéhovah au point qu’il déverse sa colère. De façon significative, toutes ces choses sont répétées en 2 Rois, dans le but d’expliquer à la génération exilée en Babyone que la raison de leur souffrance était l’idolâtrie.

La jalousie à l’égard du culte de Dieu

La leçon pour nous tous est simple. Si le second commandement gouverne le culte, et si la violation du second commandement provoque la colère de Dieu, alors il faut en conclure que l’une des causes de la colère du Seigneur contre nous dans ces temps-ci, est que l’Église a transgressé le second commandement et que, par cette violation, elle s’est rendue coupable de transgresser le premier. Cela n’est pas populaire. La jalousie à l’égard du culte de Dieu est pour le moins en déclin, remplacée par le désir « d’atteindre la culture ». Le résultat est que le débat porte sur des tactiques et des techniques. Voilà ce qui est négligé : la position biblique de l’Église dans le monde est celle de la confrontation, et non celle de l’accommodation. Cette confrontation se perçoit d’abord dans le culte selon le second commandement. Malheureusement l’Église a abandonné la confrontation et a opté pour l’accommodation.

Cela est manifeste dans la décision de l’Assemblée générale plénière, en 2010, de la Free Church résiduelle d’abandonner les exigences du second commandement. Indépendamment du raisonnement pragmatique, de la justification nébuleuse et des arguments insensés présentés, la réalité est que le second commandement ne régulait plus le culte de Dieu. Comme avec tant d’autres dénominations, le culte était devenu un nez de cire qui devait être formé selon la volonté de l’homme – le « culte volontaire » condamné par Paul (Colossiens 2:23).

Qu’est-il requis ?

Selon le Grand catéchisme, les devoirs requis dans le second commandement sont :

de recevoir, d’observer et de garder pur et complet tout le culte religieux ainsi que les ordonnances telles que Dieu les a institués dans sa parole ; particulièrement la prière et l’action de grâce au nom du Christ ; la lecture, la prédication et l’écoute de la parole ; l’administration et la réception des sacrements ; le gouvernement de l’Église et la discipline ; le ministère et l’entretien de celui-ci ; le jeûne religieux ; jurer par le nom de Dieu, et lui faire des vœux ; comme aussi la désapprobation, la haine, l’opposition à tous les faux cultes ; et, selon l’état et l’appel de chacun, les destituer ainsi que tous les monuments d’idolâtrie.

Grand catéchisme de Westminster, Q&R 108

Le second commandement spécifie le vrai culte. Trois devoirs sont requis, à savoir, de recevoir, d’observer et de préserver le vrai culte. Hélas, il est passé de culte centré sur Dieu à culte centré sur l’homme. Le théologien hollando-américain Geerhardus Vos (1862-1949) soulignait que beaucoup de corps protestants – peut-être la majorité – en sont arrivés au point de regarder le culte divin comme étant plus ou moins un sujet d’indifférence, devant être déterminé selon la préférence, ou convenance, humaine. En fait, la plupart ont adopté le point de vue du culte pragmatique, ce qui veut dire : fait ce que tu veux tant que ce n’est pas explicitement interdit.

Les devoirs requis incluent la désapprobation, la détestation et l’opposition à tous les faux cultes. Cela soulève la question : pourquoi devons-nous nous opposer aux faux cultes ?

La raison est simple : Dieu a établi ce qu’est le véritable culte. Comme Vos le disait :

Le principe scripturaire concernant le culte divin est que la seule façon droite et acceptable d’adorer Dieu est celle établie par lui-même, laquelle ne doit pas être changée par les hommes.

Les innovations dans le culte ne sont pas dues à l’ignorance, ou la faiblesse, mais à la préférence.

Une règle de base

C’est une règle générale dans l’Écriture, lorsque quelque chose est commandé, tout le reste est interdit. Cela est amplement démontré dans le cas de Nadab et Abihu, qui « apportèrent devant l’Éternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné. » (Lévitique 10:1). Il est frappant que cette offrande ne fût pas spécifiquement interdite. La destruction de Nadab et Abihu indique que le commandement d’une chose est suffisant. Ce que certains évangéliques ont fait, c’est d’adopter la politique de Nadab et Abihu et puis espérer la bénédiction du Seigneur. Quand Dieu commande le chant des psaumes (Jacques 5:13), l’utilisation de tout autres matériels dans la louange est interdit. Il faut que cela soit dit clairement – il est illicite de chanter dans la louange autre chose que les Psaumes. Ce sont pas les simples mots d’un homme mais l’enseignement de l’Écriture. Comme cela est bien connu, seuls les Psaumes étaient utilisés pour la louange de l’Église d’Écosse durant la Première et la Deuxième Réformations.

Dieu a institué ce qu’est le véritable culte.

Il est aussi frappant de voir comment les Psaumes sont dénués de biais partisans. Ils transcendent race, dénomination et histoire, parlant directement à la situation dans laquelle se trouve l’Église. Ils transcendent les générations, comme s’ils nous parlaient particulièrement. Les Psaumes, étant inspirés par Dieu, établissent les doctrines de la grâce et la gloire future de l’Église. Personne ne peut chanter les Psaumes et être pessimiste à l’égard du Seigneur ou de sa cause dans le monde.

Éviter le péché

Il est étrangement oublié que nous devons éviter le péché dans le culte. Ce devoir est présenté avec force dans le Grand catéchisme :

Les péchés interdit dans le second commandement sont d’inventer, conseiller, commander, utiliser et approuver tout culte religieux, aussi sage soit-il, non institué par Dieu lui-même.

Grand catéchisme de Westminster, Q&R 109

Pareillement la Confession de foi dit :

le vrai Dieu lui-même a ordonné et fixé par sa propre volonté la façon de lui rendre un culte, de telle sorte qu’aucun culte ne peut lui être rendu selon l’imagination et les désirs des hommes, ou selon les suggestions de Satan, sous quelque représentation que ce soit, ou de quelque autre manière que ce soit non prescrite dans la sainte Écriture.

Confession de foi de Westminster, 21.1

Notez ce qui a été dit :

  • Premièrement, tout et chaque culte non institué par Dieu est péché.
  • Deuxièmement, puisque Dieu a institué puis limité le culte par sa volonté révélée, tout le reste est interdit.
  • Troisièmement, il n’est permis ni à l’homme ni à Satan de falsifier ce culte.
  • Quatrièmement, le culte n’est pas la création de l’imagination ou des désirs de l’homme.

Comme un écrivain a dit, la Bible n’est jamais satisfaite par quoi que ce soit de moindre que notre soumission totale !

Les Églises peuvent changer mais pas le second commandement.

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